La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Le syndicaliste aux savates “dé dwa”...
22 mai 2007

Et Georges-Marie Lépinay ne reviendra pas sur cette décision mûrement réflèchie. Son suppléant est Jacky Balmine.
Le syndicaliste CGTR aux savates “dé dwa” à la retraite et amateur de chasse, Georges-Marie Lépinay se présente au poste de député de la première circonscription. « En son nom ». Il se dit « sans étiquette », mais affirme « être communiste ». Mais il ne dispose pas de tout l’arsenal électoral. Il va privilégier le contact en faisant du porte-à-porte et organisera, si c’est possible, des réunions.
Hier matin dans un restaurant du Barachois (Saint-Denis), il a présenté son programme. À ses côtés son suppléant Jacky Balmine, responsable de la CGTR Bâtiment. Son socle, le social. Mais avant d’entrer dans les détails avec son promoteur, il ne vous a pas échappé que Georges-Marie Lépinay ne joue pas la carte de la parité un homme, une femme et vice-versa ! Eh bien à la place de Jacky Balmine, il était prévu la fille d’Aude Palant-Vergoz. Elle s’est désistée. C’est donc l’homme du bâtiment qui a été choisi à son grand étonnement.
La Réunion va mal
Le volet qui tient tant à cœur à ce retraité qui se lance dans la bataille électorale : le social. D’abord, il tient à éclaircir au moins un point. Il n’est pas contre le projet d’aménagement du Barachois en un port. Mais, il se demande bien si avec les deniers publics, il n’y aurait pas d’autres priorités. Et là, il retombe sur ses deux pieds pour retrouver le social. Il relève et il n’est pas le seul que « La Réunion va mal ». Mais elle ira « de plus en plus mal », assure-t-il. Peut-être possède-t-il une boule de cristal ?
Pour parler de ce « mal », il demande simplement de regarder autour de soi. Il « sait ce que c’est que de vivre avec quelques centaines d’euros par mois. C’est le sort des allocataires du RMI, des minima sociaux, des smicards, des travailleurs pauvres, des retraités ». Il préfère en rester là pour aborder « le travail et l’emploi ». Il les qualifie « de produits rares ». « Depuis des dizaines d’années, nous subissons un chômage massif et durable qui ébranle les familles et toute notre société », remarque-t-il amèrement.
Le travail est une priorité absolue
Il soutient que « le travail est une priorité absolue à La Réunion. C’est un véritable plan d’urgence pour l’emploi qu’il faut mettre en place. Il faut donner du travail aux Réunionnais, plutôt que les exporter aux quatre coins du monde et casser encore plus les familles ».
Après le travail et l’emploi, il soulève le problème du logement dans l’île. « Une seconde priorité absolue ». Et au passage, il observe que « de belles maisons s’édifient ici ou là, mais des dizaines de milliers de Réunionnais, notamment les jeunes sont obligés de vivre sous le toit de leurs parents ». Et il crie à qui veut l’entendre que « cela ne peut plus durer ».
« Le social est en danger »
Autre sujet d’inquiétude pour Georges-Marie Lépinay « l’avenir ». La Réunion affirme-t-il « est en crise d’avenir ». Il martèle « dans leur grande majorité, les Réunionnais ne croient plus en demain. Les jeunes les premiers sont frappés de plein fouet. Les parents travaillent pour que leurs enfants aient une meilleure situation qu’eux ». Mais au final « dans la grande majorité aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit. Les jeunes vont à l’école, puis au lycée et même à l’université. Puis, ils ont des diplômes moins, il y a de place pour eux. Ils doivent être notre priorité absolue, car la jeunesse, c’est notre avenir, l’avenir de La Réunion », clame-t-il.
Pas de doute pour Georges-Marie Lépinay qui suit pas à pas l’évolution de La Réunion « le social est en danger ». « Les gouvernements d’hier ont entrepris un véritable travail de casse sociale. Celui d’aujourd’hui, souvent avec les mêmes ministres, l’a déjà annoncé, il veut encore aller plus loin. La protection sociale, les retraites, le RMI, l’assurance-chômage, le Code du Travail le service public... tout cela est aujourd’hui, la cible privilégiée du pouvoir en place », accuse-t-il.
Un engagement permanent et sans faille d’un député
Pour livrer ces batailles, il faut selon lui « un engagement permanent et sans faille d’un député. » « Sur toutes ces questions de La Réunion et de son avenir d’une part et du social d’autre part », il insiste « vous avez besoin d’un député qui se retrousse les manches et qui voit à ses côtés. Un député qui connaît vos problèmes et qui soit avec vous dans votre bataille pour La Réunion, pour vos droits, pour un avenir ». Et aussi « pour résister aux attaques qui seront menées contre le social », ajoute-t-il.
À la question d’une journaliste « Pourquoi vous présentez-vous dans la première circonscription ? ». Georges-Marie Lépinay répond « parce que le Parti Communiste Réunionnais (PCR) l’a déserté ». Ce prétendant à la députation semble méconnaître la situation sur le terrain ; depuis quelques années, des personnes de bonnes volontés, des militants, se retrouvent à la section PCR de Saint-Denis - puisqu’il en existe une - pour discuter... de la ville de Saint-Denis. Et des préoccupations de ses habitants mais aussi de l’ensemble de l’île. Fâcheux oubli...
Jean-Fabrice Nativel
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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