La CTAP pour régler la précarité
27 juillet, parCrise des PEC à La Réunion
Nout Zournal n°4
14 septembre 2012

Et voilà ! La Préfecture a fait connaître lundi soir les nouveaux prix à la pompe applicables à notre département. Ils atteignent aujourd’hui leur plus haut niveau : le sans-plomb et le gasoil augmentent respectivement de 6 et 3 centimes, passant de 1,61 à 1,67 euro et de 1,26 à 1,29 euro.
La population réunionnaise a assisté à une pièce de théâtre avec comme acteurs le préfet, les pétroliers, les distributeurs et le président de la Région. Chacun dans son rôle : défense des intérêts propres, calculs politiciens, prises de positions contradictoires. Dès le premier jour, les pétroliers voyant venir le gel des prix alors que des fortes augmentations étaient prévues pour le 1er septembre, ont cédé quelques centimes. Là a commencé, par médias interposés, un dialogue de sourds entre le Préfet, représentant du gouvernement socialiste, et Didier Robert, président UMP de la région Réunion. Avant les scrutins d’avril et mai derniers, M. Robert avait fait un cadeau de 16 millions d’euros aux pétroliers. But : calmer l’opinion publique et contribuer à sa demande à l’élection de Nicolas Sarkozy. Aux frais, bien entendu, du contribuable réunionnais… Aujourd’hui, la Région adopte une position totalement contraire.
Il est clair, que pour notre part et comme nous l’avions dit au mois de février, ce ne sont pas les Réunionnais qui doivent payer. Notre position n’a pas varié : la région n’avait pas à payer les 16 millions il y a quelques mois et la région, avec l’argent des Réunionnais, n’a pas à payer les engagements du gouvernement envers la population. Cependant, quelles que soient les gesticulations des uns et des autres le constat est sans équivoque : le prix des carburants a encore augmenté. Depuis des années, il ne cesse d’augmenter et tout le monde sait que cela va continuer.
Lié directement au prix du pétrole, le carburant à la pompe ne fera qu’augmenter dans les années qui viennent. La vraie et seule alternative, est de sortir de notre totale dépendance au pétrole, aux carburants fossiles, au gasoil et au sans-plomb pour nos déplacements. La seule solution pour sortir du monopole du pétrole est, au final, de ne plus avoir à l’utiliser. Toutes les autres péripéties, toutes les volontés de diversifier les importateurs pour faire jouer la concurrence seront vaines à moyen et long termes puisque le prix du produit de base, le prix du pétrole ne va fatalement cesser d’augmenter.
La Réunion doit tourner le dos au tout pétrole et au « tout automobile », dès aujourd’hui pour préparer demain. Ensemble, à La Réunion, nous devons trouver les solutions de nos déplacements sans pétrole et de notre développement sans pétrole. Cela est possible.
Fabrice Hoarau
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