Lettre N° 2 de Jean Yves Langenier

Ce que signifie vraiment changer une ville

2 février, par Jean-Yves Langenier

« les Portois méritent qu’on leur rappelle toute la vérité », écrit Jean-Yves Langenier, candisat du PCR aux prochaines élections municipale au Port, dans sa 2e lettre adressée à la population dont voici le contenu.

Portoises, Portois,
Je vous écris avec gravité et avec fierté.
Gravité, parce que l’histoire mérite le respect.
Fierté, parce que le Port est une ville de lutte et de dignité.
Il n’y a qu’une chose qui compte : la vérité.
Nous savons d’où nous venons.
Nous savons ce qu’ont été les bidonvilles, la tôle, l’absence d’eau, l’attente, la honte parfois.
Eugène Rousse l’a écrit avec justesse : le Port s’est construit trop vite, en laissant trop de ses habitants derrière.
À partir de 1965, un premier pas est fait.
Puis, de 1971 à 2014, le Port mène le grand combat de sa vie : sortir ses enfants de l’indignité.
Pendant plus de quarante ans, des milliers de logements sociaux sont construits.
Des milliers de familles changent de destin.
Les grands bidonvilles disparaissent.
La ville se transforme profondément.
Et cette transformation ne se résume pas à des bâtiments.
Elle se lit sur des visages.
Des Portois ont pleuré le jour où l’eau a coulé pour la première fois dans leur robinet.
D’autres ont pleuré en allumant une lumière, simplement en appuyant sur un interrupteur.
Certains ont pleuré en fermant leur porte à clé, pour la première fois de leur vie.
Ces larmes-là disent tout.
Elles disent la dignité retrouvée.
Elles disent ce que signifie vraiment changer une ville
Ce ne sont pas des promesses.
Ce sont des faits.
Ce sont des quartiers.
C’est cette période qui a façonné le Port d’aujourd’hui,
Avec la mise en œuvre au total de sept grandes opérations
De réhabilitation de l’habitat insalubre.
Et puis arrive 2014.
Et il faut avoir le courage de le dire :
Quelque chose s’est brisé.
Quelque chose s’est arrêté.
Il restait encore des poches d’habitat indigne.
Des familles connues.
Des situations identifiées.
Le travail pouvait être terminé.
Il ne l’a pas été.
Depuis 2014, l’engouement pour la résorption des bidonvilles s’est rompu.
L’urgence a disparu.
La dynamique s’est éteinte.
Le Port est entré dans l’IMMOBILISME, faute de nouveaux grands projets.
Et pourtant, l’équipe municipale actuelle parle aujourd’hui de changement.
Je le dis avec calme mais avec fermeté :
Parler de changement quand les transformations majeures datent d’avant, c’est une IMPOSTURE historique.
Oui, certains diront que le Port a changé.
Alors, qu’ils apportent les preuves.
Des preuves fortes
Des transformations qui changent la vie des plus modestes.
Comme cela a été fait autrefois.
Le Port est devenu un CAS D’ECOLE POLITIQUE :
Une équipe au pouvoir depuis douze ans avec peu de résultats structurants,
Et un héritage ancien qui continue, lui, à porter la ville.
Je n’écris pas pour diviser.
J’écris pour honorer celles et ceux qui se sont battus.
Ceux qui ont attendu.
Ceux qui ont cru.
Ceux qui ont relevé le Port.
Une ville populaire ne peut pas vivre de mots.
Elle vit d’actes.
Elle vit de vérité.
Tous les Portois doivent savoir.
Parce que la mémoire protège la dignité.
Parce que la vérité éclaire l’avenir.
Je crois en notre ville.
Je crois en sa force.
Et je crois que les Portois méritent qu’on leur rappelle toute la vérité.

Jean Yves Langenier,
Maire du Port de 1994 à 2014

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