Canne à sucre à La Réunion : il est temps de tout revoir
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24 novembre 2010, par

Rigueur et préparation des élections du côté de l’UMP sont au menu du voyage de la ministre de l’Outre-mer.
Lors de la préparation du budget 2011, l’exécutif a pris prétexte de la crise pour annoncer la nécessité de faire 100 milliards d’euros d’économies au cours des 3 années à venir. L’année 2010 connaîtra ainsi des coupes plus sombres encore que les précédentes dans le social, les services publics et les collectivités, pour lesquelles le dispositif budgétaire prévoit un gel des dotations pour une période de trois ans.
L’austérité en marche
La rigueur n’épargne pas notre île. Si, a priori, le budget du Ministère de l’Outre-mer ne perd « que » 43 millions, tous "rabotages" confondus, c’est près d’un milliard qui n’ira pas aux Outre-mers dans le budget 2010.
Dans ce contexte, Didier Robert a préféré ne pas être présent lors du vote du budget, sans bien entendu signifier un quelconque refus ou quelque dissidence que ce soit envers la direction de l’UMP.
La loi votée et le remaniement achevé, Marie-Luce Penchard vient faire appliquer ces orientations dans notre île. Elle vient aussi, comme c’est d’usage à l’UMP, en mission électorale : les cantonales approchent, et les déplacements officiels fournissent une occasion en or pour préparer les troupes, les mettre en ordre de bataille et de faire le point avec le patron local de l’UMP, Jean Simonetti.
Voyage électoral
Les précédents ne manquent pas : en août dernier, le ministre de l’Éducation Luc Chatel était venu tenir meeting à Sainte-Marie, et accessoirement, visiter une école. Peu après, c’était au tour de Georges Tron de venir rencontrer l’UMP saint-pierroise, à la suite d’un discours expédié en présence de Didier Robert et du préfet. A noter que toutes ces actions militantes sont réalisées avec les deniers publics, en contradiction avec les règles qui régissent la compétition électorale.
Noyer le poisson
Sans doute, Marie-Luce Penchard vient-elle aussi faire passer la pilule par quelques effets d’annonce. Avant de se rendre dans notre île, la ministre a séjourné aux Antilles, où elle a pris fait et cause pour le développement du logement social outre-mer.
Problème : le parti au pouvoir, auquel appartient Mme Penchard, ne crée en rien les conditions pour que rendre effectif les dispositions de la loi DALO (droit au logement opposable). A La Réunion, il manque aujourd’hui près de 30.000 logements, et chaque année qui passe augmente le nombre de logements en souffrance. Signalons au passage que Didier Robert, que Mme Penchard dit « bien connaître » et avec qui elle se « félicitait » de travailler faisait partie de ces maires qui refusent de construire les 20% minimum de logements sociaux sur sa commune. Dans ce contexte, il n’est guère réaliste d’attendre de Mme Penchard la moindre solution concrète à ce problème central de la société réunionnaise. Avant-hier, face au Parlement, la ministre tentait de noyer le poisson du « rabotage » dans un propos fumeux relatif à l’octroi de mer, après avoir expliqué de manière presque cryptée que son budget apporterait avant tout la rigueur aux collectivités… et d’abord, aux communes.
(à suivre)
G.G.L.
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