Chômage à La Réunion : plus de 209 000 Réunionnais inscrits à France Travail
29 juillet, parL’échec d’un système
L’échec d’un système
29 juillet, par

Les chiffres publiés par France Travail pour le deuxième trimestre 2026 montrent que le chômage de masse continue de structurer la société réunionnaise. Plus de 209 000 personnes sont aujourd’hui inscrites auprès de France Travail, entre chômage, activité précaire, parcours social et attente d’orientation. Une situation qui confirme l’échec d’un système incapable de garantir le droit à un emploi à tous.
À la fin du deuxième trimestre 2026, 112 020 Réunionnais sont totalement privés d’emploi (catégorie A), soit 1 500 de plus qu’au trimestre précédent (+1,4 %). Si ce chiffre recule de 3,9 % sur un an, il demeure à un niveau exceptionnel pour un pays de moins d’un million d’habitants.
En ajoutant les personnes exerçant une activité réduite, 152 400 demandeurs d’emploi sont tenus de rechercher un emploi (catégories A, B et C), contre 150 010 trois mois plus tôt, soit une hausse de 2 390 personnes (+1,6 %).
Les catégories B et C progressent également. Les travailleurs en activité réduite courte passent de 15 620 à 16 130 (+3,3 %), tandis que ceux en activité réduite longue augmentent de 23 870 à 24 250 (+1,6 %). Cette évolution traduit la montée de la précarité plutôt qu’un véritable retour à l’emploi.
En intégrant les autres catégories, le constat est encore plus préoccupant.
Les catégories D et E regroupent 18 780 personnes, tandis que 29 764 Réunionnais sont désormais classés en parcours social (catégorie F), un chiffre en hausse de 66,4 % sur un trimestre. 8 191 personnes attendent encore une orientation (catégorie G).
Au total, 209 125 personnes relèvent aujourd’hui de France Travail à La Réunion. Cela représente près d’un Réunionnais sur quatre, une réalité qui illustre l’ampleur de la crise sociale.
Ces statistiques sont la conséquence d’un système imposé fondé sur la dépendance aux importations, aux transferts publics et aux décisions prises à Paris plutôt que sur la création de richesses locales.
Les faillites d’entreprises se multiplient, les emplois productifs restent insuffisants et les jeunes continuent de quitter l’école sans possibilité d’un travail.
Face à cette impasse, l’urgence n’est plus seulement de gérer le chômage mais de construire un autre modèle de développement. Relocaliser la production, renforcer les coopérations avec les autres îles africaines de l’océan Indien, développer la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle : voilà des propositions pour sortir durablement du chômage de masse qui frappe La Réunion depuis des décennies.
M.M.
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