Maintien de l’argent de la LODEADOM : Les entreprises dépendent de l’assistance de la France dans les anciennes colonies comme La Réunion

Chômage de masse à La Réunion : malgré des décennies d’aides au patronat, le chômage a largement dépassé le seuil de l’intolérable

30 juillet, par Manuel Marchal

Le maintien de la LODEOM et du RAFIP confirme la poursuite des aides publiques au patronat dans les anciennes colonies devenues départements en 1946. Pourtant, malgré des décennies d’exonérations de cotisations sociales et d’avantages fiscaux, La Réunion compte plus de 209 000 personnes inscrites à France Travail. Ces chiffres démontrent l’échec d’un modèle économique de dépendance généralisée incapable d’assurer le plein emploi.

Le gouvernement français vient de confirmer le maintien de la LODEOM et du RAFIP, deux dispositifs d’assistance aux entreprises des anciennes colonies françaises devenues départements en 1946. Pourtant, les derniers chiffres de France Travail montrent qu’après des décennies d’exonérations de cotisations sociales et d’avantages fiscaux au patronat, le chômage de masse demeure la principale caractéristique de l’économie réunionnaise.

Plus de 209 000 personnes concernées par France Travail

Au deuxième trimestre 2026, 112 020 Réunionnais sont totalement privés d’emploi (catégorie A). En ajoutant les personnes en activité réduite, 152 400 demandeurs d’emploi sont tenus de rechercher un travail. Ce nombre progresse encore de 1,6 % en trois mois.
La situation apparaît plus préoccupante encore lorsqu’on prend en compte l’ensemble des catégories de France Travail. 171 170 personnes sont inscrites dans les catégories A à E. À celles-ci s’ajoutent 29 764 personnes en parcours social et 8 191 en attente d’une orientation, soit 209 125 Réunionnais dépendant directement de France Travail.

Une politique qui maintient les entreprises dans l’assistance

Face à cette situation, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, annonce qu’« il n’y aura pas de coup de rabot » sur les aides aux entreprises. La LODEOM, qui exonère une partie des cotisations sociales patronales, sera maintenue, tout comme le RAFIP, destiné à soutenir l’investissement productif.
Présentés comme des outils de création d’emplois, ces dispositifs prolongent une politique d’assistance au patronat engagée depuis des décennies. L’État prend en charge une partie des cotisations sociales dues par les employeurs et accorde d’importants avantages fiscaux afin de préserver la trésorerie des entreprises.
Malgré ces milliards d’euros mobilisés depuis l’adoption de la LODEOM en 2009 et des dispositifs qui l’ont précédée, La Réunion n’a jamais connu le plein emploi. Le chômage de masse reste structurel et continue d’alimenter la pauvreté, tandis que les entreprises demeurent dépendantes des aides publiques pour survivre.

Changer de logique

Les chiffres de France Travail démontrent que cette politique atteint ses limites. Maintenir artificiellement les entreprises à flot ne transforme pas le modèle économique. Les exonérations sociales peuvent éviter certaines faillites, mais elles ne créent pas les activités productives capables d’absorber durablement des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi.
Le véritable défi est ailleurs : construire une économie productive fondée sur les besoins de La Réunion, développer la transformation locale, renforcer les échanges avec les autres îles africaines de l’océan Indien et investir dans la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle.
Tant que les politiques publiques privilégieront les mécanismes de compensation plutôt que la transformation de l’économie, les statistiques de France Travail continueront de rappeler une réalité persistante : celle d’un chômage de masse qui perdure malgré des décennies d’aides au patronat.

M.M.

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