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29 mai 2015

En valeur absolue, les résultats de l’enquête trimestrielle de l’INSEE sur l’emploi marchand dévoilés hier semblent encourageants. Mais rapportés à la croissance de la population active et aux fonds publics déployés pour soutenir l’économie, ils illustrent le blocage du système. Tous ces efforts n’enrayent pas la montée du chômage. C’est bien d’une autre politique que La Réunion a besoin, avec un projet au service de son développement. Les 6 mois qui séparent des prochaines élections doivent être le lieu du débat des propositions.
L’INSEE a dévoilé hier à la presse les derniers chiffres de l’emploi dans le secteur marchand. Ils datent du 4e trimestre 2014. Ils montrent une hausse du nombre d’emplois de 4,1 % sur un an. C’est un pourcentage qui est bien supérieur à celui de la France. Ce pourcentage est à comparer à celui de la hausse du chômage sur la même période.
À la fin du mois de décembre, Pôle emploi comptabilisait officiellement 174.510 demandeurs d’emploi, soit une augmentation de 3,2 % par rapport à décembre 2013.
Le secteur marchand bénéficie en effet depuis l’an dernier de nouvelles exonérations de cotisations sociales et fiscales au titre du Pacte de responsabilité. C’est en particulier le crédit d’impôt compétitivité emploi, CICE. Cela a représenté 33 millions d’euros répartis entre 4.000 entreprises. L’État s’implique également dans le co-financement de contrats aidés réservés au secteur étudié par l’INSEE. Plus de 3.000 CAE-DOM ont aussi été signés, ainsi que 819 emplois d’avenir.
Ces soutiens contribuent au dynamisme d’un secteur qui a créé des emplois l’an dernier. Au 4e trimestre, les 1 % de postes supplémentaires dénombrés portent à environ 144.000 le nombre d’emplois dans le secteur marchand.
Tous ces efforts ne suffisent pas à endiguer la montée du chômage. C’est une nouvelle illustration du blocage dont souffre la société réunionnaise.
Sortir de cette crise ne se fera pas d’un coup de baguette magique. En effet, de nouvelles menaces se profilent pour des secteurs économiques importants. C’est la suppression du quota sucrier qui bénéficie à la filière canne. Des milliers d’emplois directs et indirects sont concernés, qui font vivre près de 10 % de la population.
Les autres productions vont subir de plein fouet l’impact de l’accord de partenariat économique entre les pays d’Afrique australe et l’Union européenne : tout ce qui sera produit chez nos voisins pourra venir concurrencer ce qui est fabriqué à La Réunion. Le mouvement a déjà commencé, avec déjà la délocalisation de plusieurs entreprises réunionnaises dans des pays où le coût de production est moins élevé, pour continuer à vendre à La Réunion en augmentant les profits des actionnaires.
Ces quelques thèmes seront à l’ordre du jour de la réunion publique du Parti communiste réunionnais demain à Saint-Pierre avec Paul Vergès.
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