La Réunion a des atouts

Créer des dizaines de milliers d’emplois grâce à la mer

21 septembre 2007, par Manuel Marchal

La Réunion a pour atout de se situer au cœur d’une région riche en potentialités : alors que dans l’hémisphère Nord, les ressources de la mer diminuent, le Sud de l’Océan Indien est un gisement très largement inexploité.
Dans ce contexte, cette ressource et la transformation sur place du produit de la pêche afin de l’exporter dans le monde entier ouvrent des perspectives. Une gestion raisonnée, associant tous les pays de la région, peut aboutir à l’émergence d’une industrie qui pourra être un des moteurs du développement de la région. Des milliers d’emplois peuvent ainsi être créés en quelques années à La Réunion.

Calixte Offay, Ambassadeur, représentant le gouvernement de Seychelles qui exerce actuellement la présidence de la COI ; Victor-Manuel Borgès, Vice-ministre des Pêches du Mozambique ; Joe Borg, Commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes ; Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche et ancien Commissaire européen à la Politique régionale : les participants invités aujourd’hui au séminaire les RUP et la politique maritime européenne soulignent l’importance de cette rencontre organisée à la Région.
La politique maritime est un dossier qui ne peut que susciter l’intérêt de tous les pays de la région.
Dans l’immédiat, c’est la pêche qui est au premier plan. Mercredi, l’Union Européenne a pris la décision de suspendre la pêche au thon rouge en Méditerranée et dans l’Atlantique. Cela se justifie par la nécessité de préserver cette espèce menacée de disparaître à cause des décennies de pêche excessive dans cette région.

Un secteur porteur

Cette situation de pénurie qui commence à se manifester dans l’hémisphère Nord n’a rien à voir avec l’état des ressources dans notre région. Les vastes étendues du Sud de l’Océan Indien sont un atout pour les pays riverains, dont La Réunion. Ces millions de kilomètres carrés recèlent un potentiel qui reste à être pleinement exploité. Cette production ne pourra que trouver des acheteurs. Car le contexte actuel montre que les pays de l’Union Européenne, c’est-à-dire une population de plus de 500 millions d’habitants, doivent faire face à la diminution des stocks qu’ils exploitent près de leurs côtes. Le marché le plus solvable du monde a donc intérêt à rechercher dès à présent de nouveaux approvisionnements. Région ultrapériphérique de l’Union Européenne, La Réunion est la base d’une immense zone économique exclusive pouvant répondre à cette demande.
À cet atout s’ajoute celui de l’expérience. Elle peut aider à ne pas commettre les mêmes erreurs qui ont abouti dans l’hémisphère Nord à des quotas restrictifs pour préserver des espèces menacées d’extinction.
Cela passe par une gestion durable et concertée de ce potentiel immense afin qu’il puisse profiter durablement à tous les peuples de la région. Car la mise en concurrence des flottes de pêche de chaque pays ne peut qu’aboutir à un résultat : l’épuisement rapide d’une ressource commune capable de créer des dizaines de milliers d’emplois. Cela veut donc dire qu’il est nécessaire de construire une répartition équitable des quotas de pêche et des industries de transformation entre les pays de la région Sud de l’Océan Indien : la COI et l’Afrique australe.

Une nouvelle industrie réunionnaise

Dans ce cadre, La Réunion a une carte importante à jouer. Lundi dernier, Michel Séraphine, Secrétaire général de la CGTR Ports et Docks, insistait sur l’enjeu que constitue la livraison l’an prochain d’une nouvelle darse de pêche du port-Ouest. « Ce sont plus de 1.200 mètres linéaires de quais, ils pourront accueillir les plus gros bateaux », soulignait-il en ajoutant qu’il est possible de construire à proximité toute une industrie de transformation. Et de préciser que dans la région, il n’y a pas de problème de ressource concernant le thon rouge. Ce qui n’est pas le cas dans l’hémisphère Nord. Puisque ces bateaux navigueront dans la zone économique exclusive, il est donc logique que La Réunion ne soit pas seulement une base de pêche, mais également le lieu de transformation pour l’exportation d’une partie des ressources produites par le Sud de l’Océan Indien. La création d’usines de conditionnement de thons peut créer de nombreux emplois à La Réunion.
L’autre atout de cette nouvelle darse de pêche est son besoin en main d’œuvre qualifiée. Pour de jeunes Réunionnais au chômage, la navigation, l’entretien et la réparation des bateaux est un gisement d’emplois. Cela ne pourra que conforter l’École d’apprentissage maritime. Une école qui pourra aussi répondre à la demande croissante de personnels formés aux technologies les plus pointues émanant des pays de la COI.
Tout cela explique pourquoi la pêche est un secteur stratégique pour le développement de La Réunion. Des dizaines de milliers d’emplois peuvent être créées grâce à une gestion concertée et durable des immenses ressources de l’océan. Pour La Réunion, la mer est un atout qui peut aider à résoudre le principal défi du pays : l’emploi.

Manuel Marchal


Ce qui différencie notre région de l’hémisphère Nord

Pêche au thon rouge suspendue en Atlantique et Méditerranée

En raison de l’épuisement des quotas prévus pour cette année, la Commission européenne a annoncé, mercredi 19 septembre, la fermeture de la pêche au thon rouge en Méditerranée et dans l’Est de l’Atlantique pour 2007.
Le thon rouge, victime de son succès auprès des consommateurs, est menacé d’extinction par une pêche excessive. Le diagnostic de la surexploitation des stocks de thons rouges en Atlantique a été établi il y a plus de 10 ans, en 1996, par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA). C’est la CICTA qui attribue à l’Union Européenne son quota annuel. Il s’élevait cette année à 16.977 tonnes. Moins de 9 mois ont suffi pour l’atteindre.
La France et l’Espagne, avec un quota respectif de 5.500 tonnes chacune, sont les premières concernées avec l’Italie (4.400 tonnes), mais la France et l’Italie avaient d’elles-mêmes arrêté leur pêche au thon rouge en juillet et en août après l’épuisement de leur quota. L’Espagne, Chypre, la Grèce, Malte et le Portugal sont également visés par la décision de l’UE.
Joe Borg, membre de la Commission chargé de la Pêche et des Affaires maritimes, a déclaré : « Nous avons manifestement affaire à deux problèmes à la fois : celui de la surpêche d’un stock déjà menacé d’effondrement et celui de l’équité entre les États membres concernés. Comme il est de son devoir, la Commission mettra tout en œuvre pour remédier à cette situation dans les plus brefs délais ».


Les temps forts de la visite du ministre

Vendredi 21 septembre

Thème : la politique maritime
10h10
Accueil par le maire du Port et la députée de la circonscription (Mme Bello) à la salle du foyer des dockers de la CCIR dans l’enceinte portuaire (capacité d’une cinquantaine de places)
Rencontre avec l’ensemble des acteurs de la politique maritime (thèmes : pêche, aquaculture, transports, gestion portuaire, transformation, ...) en présence du Commissaire européen BORG
11h35 Visite de l’ARDA (écloserie d’aquaculture) en présence du Commissaire européen BORG
12h05 Embarquement du Ministre à quai sur le patrouilleur des Affaires maritimes OSIRIS pour une présentation de la pêche australe et de la SAPMER
12h40 Présentation du chantier de la future darse de pêche destinée à la flotte de pêche hauturière (2008)
13h05 Rencontre avec les membres du conseil du CRPMEM au CRPMEM

Thème : le séminaire « Les RUP et la politique maritime européenne »
16h10
Arrivée au Conseil régional
Accueil par le président du Conseil régional
16h15 Participation aux travaux du séminaire dans l’hémicycle du Conseil
régional
Allocution de M. Callixte d’OFFAY, Ambassadeur,
représentant le Gouvernement des Seychelles qui assure la présidence de la COI
Allocution de M. Victor Manuel BORGES, Vice-ministre des pêches du Mozambique
Clôture du séminaire « Les RUP et la politique maritime européenne » : Allocution de M. le Président du Conseil régional
Allocution de M. le Commissaire européen à la Pêche et aux Affaires maritimes

Samedi 22 septembre

Thème : Une agriculture innovante et de qualité
09h30
Accueil par le maire de Saint-Pierre et visite de l’atelier de transformation des viandes bovins-porcins de Saint-Pierre
10h35 Visite du pôle de protection des plantes (3 P) à Saint-Pierre
11h20 Départ vers l’exploitation agricole « SCEA Les terrasses de Jasmin » de M. Sébastien BELLEMENE, 7 chemin Galet au pk 18 au Tampon (maraîchage sous serres - agriculture raisonnée)
11h45 Accueil par le député-maire du Tampon, le président de la chambre d’agriculture et le président de la FRCA Visite de l’exploitation agricole et déjeuner champêtre sur place sur le thème du label de qualité « produits pays Réunion »
13h35 Visite du pôle cannier de la Caserne à Saint-Pierre et réunion avec les professionnels de la canne et du sucre
15h05 Accueil par le maire de Saint-Leu et la présidente du Conseil général Inauguration de l’antenne d’irrigation n° 6 à Saint-Leu (route des Colimaçons)
16h50 Arrivée à la chambre d’agriculture à Saint-Denis
Remise d’un cadeau de bienvenue par le président en présence des élus de la chambre
17h15 Débat dans l’hémicycle du Conseil général sur « les défis de l’agriculture réunionnaise en 2020 » avec l’ensemble des élus et acteurs professionnels concernés.

Les atouts de La Réunion

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