Etats généraux : propositions du Parti socialiste réunionnais

Davantage de Réunionnais aux postes à responsabilité

25 mai 2009, par Manuel Marchal

Samedi, le PSR présentait sa contribution aux États généraux de l’Outre-mer. Autour de sept défis majeurs, douze propositions majeures visent à proposer, « après 63 ans de départementalisation et une égalité sociale quasi-achevée », « une vision globale et cohérente pour construire un développement harmonieux, solidaire, maîtrisé et durable ».

Autour de son secrétaire général Éric Delorme, le Parti socialiste réunionnais a présenté sa contribution aux États généraux de l’Outre-mer autour d’un mot d’ordre principal : « Arèt décide pou nous an nou ».
« Responsabilité et investissement », « appropriation du territoire », « identité commune », « participation politique », « créativité locale et subsidiarité », « ouverture au-delà des sommets », « activité et équité » : ce sont les sept défis de La Réunion du million d’habitants qu’identifie le Parti socialiste réunionnais (PSR). À partir de ces sept défis, le PSR propose 12 pistes qui sont la base de la contribution du parti politique aux États généraux de l’Outre-mer.
Parmi ces dernières figure en premier point la lutte contre l’illettrisme à travers le développement de la langue et de la culture régionale, ainsi que par la mise en œuvre d’un plan de lutte contre l’illettrisme. Sur le plan de la gouvernance, le PSR propose la création d’une assemblée unique, « gage d’efficacité et de cohérence au niveau d’une région mono-départementale », ainsi qu’une décentralisation et une « large autonomie dans plusieurs domaines (organisation des concours, formations, système éducatif…) ».
Le Parti socialiste réunionnais met aussi l’accent sur un nouveau découpage des cantons et des communes. Il souhaite aussi la création d’une Caisse de compensation Continuité territoriale sur le modèle de la Caisse de solidarité permettant la péréquation tarifaire du prix de l’électricité. Le PSR souhaite également la construction de station d’épuration, et le traitement des déchets par l’utilisation d’incinérateurs. Le Parti socialiste réunionnais propose également le développement de la coopération régionale en s’appuyant sur plusieurs outils : « autonomie de décision locale permettant l’assouplissement des procédures de délivrance des visas » et « un opérateur unique ».

Pas de société à deux vitesses

Les mesures proposées pour l’emploi constituent la « marque de fabrique » du Parti socialiste réunionnais, précise Benjamin Thomas. Constatant que 12.000 jeunes Réunionnais sont au chômage, le PSR propose d’imposer dans les cinq ans à venir un taux de 30% de Réunionnais dans les postes d’encadrement, et 50% dans les dix ans à venir : « à compétence égale, préférence réunionnaise ».
La « prime coloniale » de 53% de vie chère accordée aux fonctionnaires d’État est mise à l’index par le Parti socialiste réunionnais. Cette prime visait à faire venir à La Réunion des fonctionnaires dans un contexte qui n’est plus celui d’aujourd’hui, alors que dans le même temps, 52% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 800 euros par mois.
Face au risque d’une société à deux vitesses, source d’affrontements, le Parti socialiste réunionnais propose de réduire l’attractivité de la fonction publique en limitant la prime de vie chère à 20% du traitement. Et dans le même temps, le PSR souhaite que tous les revenus, dont les minima sociaux, soient augmentés de 20% au titre de la vie chère.

La question du recrutement local

Benjamin Thomas appelle à « lutter contre la fuite des cerveaux » en levant « le tabou sur le recrutement local ».
Denise Delorme rappelle que quand il est arrivé à la Maison Blanche, Barack Obama a conditionné les aides publiques à des embauches de travailleurs des Etats-Unis. Cela montre qu’il est possible que l’embauche locale soit une condition des aides publiques dans le secteur privé. Quant au secteur public, le Parti socialiste réunionnais préconise la fin des concours nationaux pour le recrutement des fonctionnaires appelés à exercer à La Réunion. Le PSR souhaite qu’à la place soient organisés des concours régionaux. Le niveau de qualification et de compétence atteint par les jeunes Réunionnais leur permet d’occuper les postes qui seront créés dans les services publics.

Manuel Marchal


• Logement : priorité au social
Dans ses propositions, le PSR souhaite une densification dans la construction, et propose de construire davantage de logements sociaux en s’appuyant sur des règles qui pénaliseront davantage les maires qui refusent d’accueillir des logements sociaux sur le territoire de leur commune.

• Infrastructures : le tram-train nécessaire
La mise en service de la route des Tamarins signifie que le centre économique de La Réunion va basculer vers l’Ouest et le Sud, constate Anthony Edem. Des villes nouvelles vont se construire autour de la route des Tamarins, et le Nord et l’Est risquent de devenir des "zones dortoirs" si des infrastructures visant à rééquilibrer le territoire ne sont pas construites.
C’est pour cela que La Réunion a besoin du tram-train, et d’une route du littoral sécurisée.
Pour accompagner les entreprises, le Parti socialiste réunionnais propose également une baisse des cotisations sociales, du fait d’un contexte particulier où le tissu économique est essentiellement composé de très petites entreprises.

Outre-mer

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