Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
L’événement politique à 17h30
26 février 2014, par

A 17 h 30 heure de La Réunion, le Sénat ouvre un débat sur l’Outre-mer suite à une initiative d’un parlementaire réunionnais, Paul Vergès. Ce sera le moment de prendre la parole pour dire ses propositions.
Le rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre confirme l’ampleur de la crise sociale à La Réunion. Plus de 20.000 demandes de logement social sont en attente. Il existe 25.000 logements insalubres. Une famille sur quatre vit dans ces conditions dans notre pays.
Cette donnée s’ajoute à celle des plus de 160.000 inscrits à Pôle emploi. Cela entraine une pauvreté telle qu’un rapport du Conseil général et de l’INSEE a titré sur "une situation hors norme". Dans des quartiers, le taux de chômage est supérieur à 50%. C’est le cas dans des villes dirigées par des députés comme Saint-Paul ou Saint-Joseph.
Le manque d’emploi a pour résultat un manque d’argent pour faire face à des prix très élevés. Les choix faits par le pouvoir voici plus de 50 ans ont amené une structure économique qui fait monter les prix. L’Etat a décidé de s’en accommoder en apportant un correctif pour ses agents : une prime de vie chère revalorisant de plus de 50% le salaire. Mais pour tous les autres revenus décidés par l’État, cette mesure n’est pas étendue. Les dégâts du cyclone viennent encore aggraver la situation de tout le précaire, avec une hausse de 30% des produits frais.
La crise a touché lourdement l’économie. Des pans entiers sont passés sous le contrôle de groupes extérieurs. La cession la plus symbolique a sans doute été la vente des usines sucrières à Tereos. C’est une coopérative de planteurs de betteraves, c’est-à-dire le concurrent historique du planteur de canne réunionnais.
L’intégration dans la République a permis à tous les Réunionnais d’aller à l’école pendant au moins 10 ans. Malgré cela, plus de 110.000 compatriotes sont touchés par l’illettrisme.
Le monde politique n’est pas épargné par la crise. Jamais dans son histoire, La Réunion n’a eu une représentation parlementaire aussi pléthorique avec 11 élus. Parmi eux, les 7 députés sont tous membres de la majorité présidentielle. Mais ils font part d’une discrétion à toute épreuve. Pour 2014, le gouvernement a préparé un budget d’austérité qui pèsera sur La Réunion. Un seul député a voté contre, tous les autres ont soutenu ou ont laissé faire.
Tous ces indicateurs sont la conséquence d’un système en pleine crise. Il a pour résultat l’abandon de la moitié de la population, contrainte à survivre avec des revenus minimums.
C’est dans ce contexte que le gouvernement prépare plusieurs réformes de fonds. Il a déjà mis en débat celle de l’agriculture. Il prépare une loi sur l’Outre-mer, et il a remis en chantier la décentralisation.
Quant à l’Europe, elle a décidé de la fin des quotas sucriers pour 2017. La bataille pour la survie des planteurs est donc lancée. Elle concerne toutes les communes de La Réunion, et c’est une filière de 15.000 emplois en danger.
Aujourd’hui, grâce à une initiative d’un élu réunionnais, les parlementaires auront l’occasion de faire entendre leurs propositions au gouvernement.
Rendez-vous donc à 17h30. Les Réunionnais qui n’ont pas accès à Internet pourront-ils suivre ce débat à la télévision ?
M.M.
Le débat sur Internet
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