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Solidaire du gouvernement plutôt que solidaire des Réunionnais
27 novembre 2013, par

L’Assemblée nationale adopte la réforme des retraites, il faudra cotiser 43 ans. C’est un objectif impossible à atteindre pour la majorité des travailleurs du secteur privé à La Réunion. Ils n’auront pas de retraite. 5 députés de La Réunion ont voté pour cela, et un n’a pas pris part au vote. À leur parole s’opposera donc toujours cet acte concret.
Hier à l’Assemblée nationale, les députés devaient se prononcer sur le projet de loi de réforme des retraites. Pour que le texte issu des délibérations soit le plus conforme au projet initial, le gouvernement avait choisi la procédure du vote bloqué. Plus question de glisser un amendement ou de supprimer un article, il fallait donner sa position sur l’ensemble du texte en l’état.
Une de ces mesures phares, c’est l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans.
Qui atteindra 43 ans de cotisation ?
Dans le contexte de La Réunion, c’est la certitude pour la majorité des travailleurs du secteur privé de ne pas avoir de retraite pleine. Quant à la retraite à 60 ans, elle est de fait supprimée dans le privé. Car pour en bénéficier, il faut maintenant avoir commencé à travailler à 17 ans, sans jamais connaître une période de chômage.
Dans notre île, quel salarié du privé peut aligner 43 ans de cotisation à la retraite ? Cela exclut d’emblée tous les chômeurs et tous les travailleurs précaires. Ils n’auront pas de retraite et seront donc condamnés à la précarité à vie. Avant le vote, tous les députés le savent.
Voter pour ce texte, c’est donc agir contre les Réunionnais.
Les députés étaient donc au pied du mur. Tous disent faire partie de la majorité. Entre la solidarité avec le gouvernement, ou la solidarité avec les Réunionnais, qu’allaient-ils choisir ?
Ils doivent s’expliquer
Le résultat a été très clair. Il est public depuis hier soir sur le site de l’Assemblée nationale. Le texte a obtenu la majorité absolue, il est adopté. Cinq députés de La Réunion ont voté pour le projet et donc contre la retraite des Réunionnais : Ericka Bareigts, Jean-Claude Fruteau, Monique Orphé, Patrick Lebreton et Jean-Jacques Vlody. Quant à Thierry Robert, il n’a pas pris part au vote.
Ces députés, et en particulier ceux qui ont décidé de voter pour le texte en connaissance de cause, vont-ils expliquer leur décision à la population ?
Car tous sont, soit candidat à un poste de maire, soit soutien à un candidat. Ils vont donc faire campagne pour briguer des suffrages. Parmi les électeurs potentiels figurent les victimes de cette décision.
Tout ce qu’ils pourront dire sera anéanti par leurs actes concrets. Car ils refusent à ceux qu’ils courtisent le droit d’avoir une retraite.
Bientôt, le budget 2014 reviendra en seconde lecture à l’Assemblée nationale. Il fixera définitivement les positions de chacun. Et alors les électeurs sauront qui sont ceux qui défendent véritablement les intérêts de la population, et donc qui respectent la parole donnée.
M.M.
10 ans après la suppression du quota et du prix garanti du sucre, grave crise de la filière
Mézami néna inn-dé zour mwin té apré rolir dann Témoignages lo kozman nout kamarad Elie la di dann park Laurent Vergès laba o por, l’ot samdi (…)
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