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Baisse du nombre d’emplois précaires sous-payés financés par la France dans les Mairies
7 mai, par

Avec seulement 800 PEC pour 24 communes, les services publics sont menacés. Les mairies devront recruter des agents titulaires, plus coûteux, sans faire payer une population déjà pauvre. Après des budgets irréalistes et des promesses intenables, l’heure est à la rigueur : réduire d’autres dépenses et abandonner le clientélisme. Sans adaptation rapide, certaines communes risquent la mise sous tutelle. Les maires concernés doivent accepter l’assistance de l’État si leur commune n’a pas ou plus les compétences nécessaires à une restructuration des dépenses sans augmenter les impôts payés par les pauvres. De nombreuses promesses d’emplois faites en échange de soutiens ne seront pas tenues, ce qui affaiblira le clientélisme. Ce recul des pratiques de dépendance peut ouvrir la voie à des élections enfin conformes aux normes démocratiques internationales à La Réunion.
Avec seulement 800 contrats Parcours Emploi Compétence (PEC) subventionnés par l’État pour six mois et répartis entre les 24 communes de La Réunion, c’est un véritable choc qui frappe aujourd’hui les collectivités. Derrière ce chiffre se dessine une réalité brutale : des services publics menacés, alors même que, depuis des décennies, les travailleurs en emploi aidé assurent des missions essentielles relevant normalement d’agents titulaires de la fonction publique territoriale.
Ce bouleversement intervient dans un contexte pour le moins troublant. Plusieurs communes ont déjà voté leur budget à l’équilibre, parfois en augmentant les indemnités des élus, tout en promettant de ne pas alourdir une fiscalité qui pèse déjà lourdement sur une population dont une grande partie vit sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui, la contradiction éclate au grand jour : moins de moyens, mais des engagements maintenus. Mardi, lors de la réunion convoquée par le préfet, des maires ont quitté la table en signe de déception à l’annonce de la baisse de l’aide de la France. Malgré la grogne, l’État, par la voix du préfet, a proposé son assistance pour affronter cette nouvelle donne.
La continuité du service public n’est pas une option. Les communes ont l’obligation d’assurer des prestations de qualité à une population qui les finance. Cela implique des recrutements à la hauteur des besoins, non plus uniquement sur la base de contrats précaires à mi-temps et payés à demi-SMIC, mais dans le cadre de la fonction publique territoriale, avec des emplois stables et des salaires conformes aux grilles statutaires. Autrement dit : plus de dépenses de personnel.
Mais qui devra payer ? Certainement pas une population déjà écrasée, dont près de 40 % survit sous le seuil de pauvreté. L’imprévoyance de certains élus est ici en cause.Au moment des élections municipales, Paris n’avait pas encore notifié aux Mairies le montant de la subvention pour les contrats PEC à La Réunion. Ce n’est qu’après leur arrivée au pouvoir que certains maires ont exprimé leur inquiétude sur cette incertitude, ce qui n’a pas empêché le vote de budgets.
Il faut donc revoir en profondeur les priorités. Cela passe par une réduction d’autres dépenses de fonctionnement, mais aussi par l’abandon de de promesses électorales irréalistes, comme le recrutement à des emplois surrémunérés de personnes qui se sont engagées dans la campagne électorale dans l’espoir d’avoir plus d’argent sans avoir les compétences requises pour ces emplois. Ce temps est révolu. La situation impose rigueur et responsabilité.
À défaut, des communes pourraient se retrouver sous tutelle. Dans ce cas, pour garantir la continuité du service public, l’État interviendrait à la place des élus dans la gestion des finances, en s’appuyant sur les recommandations de la Chambre régionale des comptes. Ceci traduirait un échec politique grave.
Pour l’éviter, les municipalités doivent réagir vite et s’appuyer sur les compétences disponibles. Celles qui en manquent ont tout intérêt à accepter l’assistance proposée par l’État. Moins de deux mois après les élections, le temps des promesses est terminé. Celui de la responsabilité commence.
De nombreuses promesses d’emplois faites en échange de soutiens ne seront pas tenues, ce qui affaiblira le clientélisme. Ce recul des pratiques de dépendance peut ouvrir la voie à des élections enfin conformes aux normes démocratiques internationales à La Réunion.
M.M.
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