Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
12 octobre 1988 - 12 octobre 2004
13 octobre 2004

Seize ans après la disparition de Laurent Vergès, nombreux sont les Réunionnais qui mesurent toujours l’importance de l’enseignement qu’a été sa trop courte vie. Ses combats d’hier sont toujours les nôtres.
Le 12 octobre 1988, Laurent Vergès mourait des suites d’un terrible accident de la route survenu cinq jours plus tôt au PK 6 de la route du Littoral, après plusieurs jours et nuits d’un travail harassant au service des autres.
Seize ans après sa disparition, ils sont toujours nombreux les Réunionnais - jeunes et moins jeunes - qui mesurent chaque jour, à la fois la perte immense que représente sa disparition pour La Réunion et l’importance des messages qu’il a pu laisser au cours d’une vie d’engagement totalement consacré à son pays et à son peuple.
Enfant, il avait été marqué par les luttes des planteurs à Quartier-Français, par les résistances à l’ordonnance Debré (octobre 60) puis par la clandestinité de son père, en rébellion contre une sanction inique (64-66).
Avec l’adolescence, sa culture politique lui avait ouvert les yeux sur les luttes des peuples du Tiers-Monde : la “décolonisation” en Afrique, les insurrections d’Amérique latine. Toutes ces luttes partagées, sa générosité et sa curiosité lui avaient forgé une personnalité riche et ouverte, dont peuvent témoigner encore aujourd’hui tous ceux qui l’ont approché.
Lorsque la mort l’a fauché - il avait 33 ans -, il était conseiller municipal à Saint-André, conseiller régional (vice-président) et député de La Réunion - l’un des plus jeunes à l’Assemblée nationale. Il n’attachait cependant qu’une importance toute relative à ces titres. Ceux-ci ne représentaient pour lui rien d’autre que des moyens d’agir. Agir au service de son pays et, plus particulièrement, au service de ceux qui en sont les plus démunis.
La plénitude de son engagement dans la vie politique de son pays et la dimension morale qu’il donnait à celle-ci ne pouvaient laisser personne indifférent.
Et si Laurent avait aussi ses limites, ses zones d’ombre, ses hésitations - parfois - dans l’interprétation ou la compréhension de tel ou tel événement..., il était surtout capable, en permanence, de dépasser ces difficultés dans la rencontre et le dialogue avec les autres.
Cette capacité à se dépasser, à être à l’écoute des autres, à rechercher constamment ce qui fait l’intérêt général pour s’y dévouer le plus totalement possible, voilà, entre mille autres, un enseignement de la vie de Laurent Vergès qui reste d’une pertinente actualité.
Ses combats d’hier sont toujours les nôtres d’aujourd’hui.
Z. M.
À Salazie en 1983
Avant sa disparition, Laurent Vergès avait beaucoup milité à Salazie et dans ses écarts, mêmes ceux les plus retirés. Il y était très apprécié.
Nos peines
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