La CTAP pour régler la précarité
27 juillet, parCrise des PEC à La Réunion
Coma circulatoire hier à Saint-Denis
11 juillet 2012, par

S’il manquait une illustration à l’impasse dans laquelle se trouve notre pays, il suffisait d’être hier dans l’Ouest de Saint-Denis : une paralysie générale à cause de la fermeture d’une voie de circulation alors que nous sommes pourtant dans une période de vacances scolaires.
Quatre jours après la présentation par Didier Robert d’une infrastructure à la gloire du tout-automobile, l’actualité est venu rappeler l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.
La direction régionale des Routes avait planifié la fermeture totale de la section de route comprise entre le pont Vinh-San et la route du littoral dans le sens descendant pour y réaliser des travaux. Les experts de la direction régionale comptaient sur un trafic réduit pour que cette fermeture ne gêne pas trop les usagers. Mais il a fallu rapidement déchanter.
Dès la fermeture de la route, des milliers d’automobiles se sont accumulées dans l’Ouest de Saint-Denis. En quelques minutes, des milliers de Réunionnais étaient pris en otage, car la seule issue pour aller vers l’Ouest, c’était la voie du Barachois.
Au bout de deux heures, il a fallu se rendre à l’évidence : il n’est pas possible de fermer une des deux voies de sortie de Saint-Denis même en période de vacances scolaires.
Un empilement de milliers de voitures
À cause de ce coma circulatoire, des milliers de Réunionnais ont donc été pris en otage par un système totalement dans l’impasse : celui du tout-automobile. Lancé au début des années 60 après la destruction du chemin de fer, ce système a mis la mobilité intérieure du pays dans les mains d’intérêts extérieurs. Les voitures et camions sont fabriqués ailleurs, et le carburant passe par des intermédiaires opaques avant d’être déchargés dans des réservoirs puis brûlé dans les moteurs de centaines de milliers d’automobiles.
L’an dernier, ce sont encore plus de 21.000 voitures particulières qui ont été importées à prix d’or et vendues à crédit à des Réunionnais. Puis quand ces machines ne fonctionnent plus, ce n’est pas le constructeur qui doit venir les récupérer pour les recycler, c’est aux Réunionnais que revient encore cette charge.
Ce sont les automobiles et le carburant qu’elles consomment qui est aujourd’hui, et de loin, le premier poste d’importation à La Réunion.
Or c’est précisément ce modèle que Didier Robert, et ceux qui l’ont fait élire président de Région en toute connaissance de cause, ont décidé de promouvoir à La Réunion. Ainsi, le nombre d’automobile continue d’augmenter.
L’urgence du tram-train
L’embouteillage d’hier a donc permis de démontrer que même pendant les vacances scolaires, le coma circulatoire guette à tout moment Saint-Denis. Cela remet au premier plan la recherche d’une alternative à ce tout-automobile. Outre une liaison totalement sécurisée entre Saint-Denis et La Possession, le tram-train a aussi pour fonction de libérer les Réunionnais de la menace constante d’être pris en otage dans un embouteillage. C’est également un moyen de libérer Saint-Denis des effets désastreux du monopole du tout-automobile.
Raison de plus pour que cette alternative voit le jour, et pour écarter définitivement le scandaleux gaspillage de la route en mer de Didier Robert.
M.M.
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