Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Après un nouveau coup de force contre la paix sociale, un vent de révolte souffle sur le port
30 juin 2014

Le travailleurs de la SERMAT n’apprécient pas d’avoir reçu un texte mis en page par la DIECCTE amendé et signé par les patrons alors qu’ils devaient venir ce lundi à la direction du travail pour discuter d’un texte inscrivant dans le marbre l’internalisation de la maintenance des chariots cavaliers du Port-Est. Cette stratégie de la tension ne fait pas céder les dockers. Après les discussions de ce lundi avec le patronat, l’assemblée générale du mardi 1er juillet sera décisive. S’ils sont contraints de faire grève, les dockers ne reculeront pas.
Ce lundi, c’est devant le siège de la DIECCTE à Saint-Denis que Danio Ricquebourg, secrétaire général de la CGTR Ports et Docks révèle le scandale. Les travailleurs de la SERMAT étaient invités à une rencontre à la Direction du travail pour finaliser « le protocole d’accord portant sur l’internalisation de la maintenance des chariots cavaliers ». L’invitation est reçue mercredi, elle comprend le texte de l’accord souhaité par les dockers, il ne manque que les signatures de la CGTR et du patronat pour valider le texte.
Mais dimanche, les dockers reçoivent un nouveau courrier. Il comprend un protocole signé par les trois entreprises de manutention présentes dans la SERMAT. Ce protocole est amendé, l’internalisation de la maintenance est conditionnée « à l’équilibre économique et financier des entreprises membres du GIE ».
Ce paragraphe, ajouté au document mis en page par la DIECCTE, est unilatéral. Les dockers n’étaient absolument pas au courant de cette manœuvre qui revient sur l’avancée obtenue, inscrite dans le protocole d’accord original : « l’internalisation de la maintenance sera effective au 1er octobre 2015 pour l’ensemble des chariots-cavaliers ainsi que tout type d’engins de manutention et d’exploitation ».
Si le patronat décide de maintenir ce coup de force, « alors on ne signera rien du tout » et les dockers seront informés en assemblée générale de la manœuvre des patrons. Cette assemblée prévue ce mardi 1er juillet décidera alors de la marche à suivre. Compte tenu de cette volonté de passer en force pour revenir sur des acquis de la lutte, il ne fait guère de doute que les dockers seront alors contraints de faire grève pour se faire respecter, mais aussi pour que tous les travailleurs réunionnais soient respectés. Pour Danio Ricquebourg, il est inadmissible que des travailleurs puissent encore être traités de la sorte en 2014.
Cette stratégie de la tension interroge. Le secrétaire général de la CGTR Ports et Docks estime que « des gens ont intérêt qu’il y ait un conflit sur le port ». Ces gens sont « contre le développement du port, contre la montée en puissance du transbordement ».
Et de conclure par ce mot d’ordre : « nous ne serons pas la deuxième SIB ». Le syndicaliste fait référence à l’usine réunionnaise fermée pour satisfaire l’avidité des actionnaires de Colgate-Palmolive.
Les travailleurs sont ensuite entrés en discussion avec les représentants du patronat. Un vent de révolte souffle sur le port.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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