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Du passe-sanitaire au passe-politique

Dans deux mois : clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle

mercredi 5 janvier 2022, par Ary Yée Chong Tchi Kan


Le 4 mars, c’est la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle. Dans 2 mois, exactement. La crise sanitaire non résolue enferme la campagne électorale dans l’immédiat. Les 6 millions de personnes non encore vaccinées constituent une opposition tenace capable de faire converger toutes les rancoeurs accumulées durant la mandature écoulée.


Devant les Députés, Olivier Véran s’adresse aux personnes qui ne sont pas encore vaccinées : « Je le dis, non pas comme une menace, il y a vraiment peu de chances que vous passiez cette fois-ci entre les gouttes ». Il dira également « cette cinquième vague sera peut-être la dernière ».

En d’autres termes, il ne sait pas mais il cause et il menace. En tant que Ministre, il est le décideur politique. S’il souhaite que personne ne passe entre « les gouttes », il fait voter une loi pour rendre la vaccination obligatoire. Il dispose pour cela d’une majorité parlementaire confortable. C’est tout simple et sans rancune. Si, ce n’est pas obligatoire, pourquoi s’attaque-t-il aux personnes qui ont fait le choix de s’abstenir ? Ce sont des citoyens sains d’esprit qui exercent leur choix selon la loi et en toute dignité.

Transférer sur une partie de la population, l’échec de la politique sanitaire du Président sortant

Alors, pourquoi est-il aussi péremptoire ? Il s’énerve car le 4 mars, c’est la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle. Dans 2 mois, exactement. La crise sanitaire non résolue enferme la campagne électorale dans l’immédiat. Les 6 millions de personnes non encore vaccinées constituent une opposition tenace capable de faire converger toutes les rancœurs accumulées durant la mandature écoulée. Dans ce contexte, aucun mot n’est assez fort pour transférer sur une partie de la population, l’échec de la politique sanitaire du Président sortant.

Il est dommage que, devant ses « menaces » qui désignent des citoyens honnêtes comme des resquilleurs ou des irresponsables, voire des voyous, aucun parlementaire n’ait exigé du ministre de revenir sur ses propos indignes. En 1987, les Députés Paul Vergès et Elie Hoarau démissionnèrent de leur mandat pour combattre un gouvernement (de cohabitation) qui avait fait voter la loi dite de « parité sociale », indigne de la République. L’Histoire leur a donné raison.

Paul Vergès et Elie Hoarau : la dignité base du consensus républicain

Elie Hoarau n’avait qu’un an de mandat. Paul Vergès n’était plus député depuis 1956. En refusant le parlementarisme, nos députés du PCR avaient adopté une position politique qui faisait de la dignité la base du consensus républicain.

Choisir de ne pas se faire vacciner n’est pas un délit. C’est la loi qui vous le permet. Tous les ministres le savent mais ils ont pour tâche de façonner un électorat reconnaissant vis-à-vis d’un président protecteur et sécuritaire. Alors, passe-sanitaire, passe-vaccinale, passe-politique ?

Ary Yee Chong Tchi Kan



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