Qui demandera des comptes au candidat à la présidentielle française en voyage à La Réunion ?

Edouard Philippe Premier ministre : une des plus importantes répressions des mouvements sociaux

25 août, par Manuel Marchal

Sous le gouvernement d’Édouard Philippe, une mobilisation sociale historique s’est soldée par des milliers de blessés, des manifestants mutilés, des journalistes blessés et des milliers d’interpellations. La Réunion, qui fut l’un des foyers majeurs de la colère, n’échappa pas à cette confrontation. C’est ce bilan qui rend particulièrement légitime la question : lorsqu’Édouard Philippe vient à La Réunion pour préparer une candidature présidentielle, qui lui demandera des comptes sur cette période ?

Le bilan de la répression des Gilets jaunes est particulièrement lourd :
Environ 2 945 manifestants blessés en 2018-2019, contre 1 944 policiers, selon les chiffres officiels repris par Amnesty International.
Dès décembre 2018, le gouvernement recensait 1 407 manifestants blessés, dont 46 grièvement.
Parmi les blessés, plusieurs dizaines ont subi des mutilations irréversibles, notamment des pertes d’œil ou des blessures aux mains, liées notamment aux tirs de LBD et à l’utilisation de grenades.
Amnesty International a dénoncé un « usage excessif de la force », tandis que le Défenseur des droits avait demandé des restrictions concernant le LBD et certaines grenades.
La répression ne s’est pas limitée aux blessures : contrôles préventifs, interpellations et gardes à vue ont été massivement utilisés. Le 20 avril 2019, par exemple, plus de 60 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés et 21 070 contrôles préventifs avaient conduit à 249 interpellations.
Les journalistes ont également été touchés : Reporters sans frontières avait recensé au moins 54 journalistes blessés, dont 12 grièvement, au cours des six premiers mois du mouvement.
Les alertes sur les violences étaient connues très tôt. Dès 2018-2019, des organisations de défense des droits humains et le Défenseur des droits dénonçaient les conséquences de certaines armes et pratiques de maintien de l’ordre.

Sous le gouvernement d’Édouard Philippe, une mobilisation sociale historique s’est soldée par des milliers de blessés, des manifestants mutilés, des journalistes blessés et des milliers d’interpellations. La Réunion, qui fut l’un des foyers majeurs de la colère, n’échappa pas à cette confrontation.
C’est ce bilan qui rend particulièrement légitime la question : lorsqu’Édouard Philippe vient à La Réunion pour préparer une candidature présidentielle, qui lui demandera des comptes sur cette période ?

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