Des mesures en faveur d’une politique éducative volontariste

Élargir l’accès au savoir...

7 juillet 2004

Retour sur la dernière assemblée du Conseil régional, où les élus ont voté majoritairement le déblocage d’un budget de 1,8 million d’euros à l’intention des parents de lycéens pour les aider à hauteur de 50% à louer les manuels scolaires.

L’aide votée par la Région en faveur des lycéens pour la location de manuels scolaires tient compte de la situation économique et sociale difficile d’un grand nombre de familles à La Réunion. Elle a pour objectif de favoriser l’égalité des élèves en matière d’équipements pédagogiques. Elle vaut pour toutes les familles, sans condition de ressource, pour les élèves allant de la seconde à la terminale de toutes les filières de formation, soit 40.000 élèves à La Réunion.
Suite à la récente rencontre de l’ARF (Association des Régions de France), la Région Réunion a pu comparer l’efficience des différentes méthodes déjà appliquées dans une dizaine de Régions métropolitaines.
Afin de respecter les délais restreints pour une mise en application souple dès la rentrée 2004, la collectivité a opté pour un bon de participation d’un montant de 50 euros à destination des familles, soit pour l’instant la moitié des frais engagés. Cette méthode semble la plus appropriée pour ne pas porter atteinte au travail des associations en charge de la location des manuels.
De même, cette méthode qui pourra être révisée pour l’année prochaine, présente moins d’inconvénient qu’un système de carte à puce, qui implique un surcoût logistique et financier. À signaler qu’un fonds social lycée, doté par l’État, permet aux familles en difficulté financière de solliciter une aide supplémentaire.

"Carence manifeste" de l’État

Annick Letoullec, présidente de la Commission du développement humain, a tenu à souligner "la carence manifeste" de l’État dans la mise à disposition des manuels scolaires en faveur des lycéens. Bien que ce dispositif réponde à une forte demande, il "ne saurait constituer une voie de substitution durable aux responsabilités de l’État qui ne sont toujours pas assumées pour les manuels scolaires". Elle précise en outre, qu’"il s’agit d’une initiative volontariste qui devrait être consolidée dans les prochaines années sur la base d’un appel à responsabilités en direction de l’État". Raymond Mollard estime quant à lui que "le droit à la gratuité n’est pas respecté" et que dans l’état actuel du dispositif, c’est le "début d’un changement pour les parents de 40.000 lycéens, un ballon d’oxygène".


Un ordinateur pour 1 euro par jour

Sur proposition des élus de l’Alliance, la Région a également voté une motion relative au dispositif gouvernemental “Un ordinateur portable pour un euro par jour pour les étudiants”.

Le groupe Alliance a sollicité, par le biais d’une motion, l’intervention du Conseil régional auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la ministre de l’Outre-mer, afin que l’application de ce dispositif prévu pour la rentrée concerne également l’Université de La Réunion.
Il a souligné la nécessité d’un fonds d’accompagnement social à l’intention des étudiants boursiers pour leur permettre de financer ce dispositif, de même qu’une prise en compte des retards en équipements et plus généralement en matière de développement du réseau haut débit (RENATER) de l’université. Considérant que le gouvernement proclame qu’il veut faire de la lutte contre la “fracture numérique” une de ses priorités, il serait légitime, dans un souci de traitement égal des citoyens de la République, que les étudiants réunionnais puissent bénéficier des mêmes opportunités d’accès que ceux de France.


Aide à la mobilité

Free Dom va plus loin dans la continuité territoriale

Le mardi 29 juin dernier, les critères d’attribution de l’aide à la mobilité de l’État ont été précisés à la Région en Assemblée plénière (voir “Témoignages” du vendredi 2 juillet). Free Dom avait à cette occasion déposé trois amendements pour améliorer les propositions.

Yasmina Panshbaya du groupe Free Dom a accepté de nous éclairer sur l’objectif des trois amendements déposés la semaine dernière à l’occasion de l’assemblée plénière de la Région, que seul le PS a refusé de voter.
"Nous pensons, groupe Free Dom, que ces trois amendements sont totalement légitimes, et au regard du vote quasi unanime, nous constatons que nous sommes rejoints dans ce sens" déclare l’élue régionale, qui rappelle que "la Région n’est pas là pour se substituer à l’État, aux autres financements ou dispositifs existants en matière d’aide au transport aérien. La loi nous oblige à faire des choix, et bien que la dotation attribuée soit insuffisante et véritablement une aide à la mobilité plus qu’un dispositif de continuité territoriale, il nous faut veiller à sa bonne utilisation".
La conseillère régionale du groupe Free Dom (Alliance) rajoute que "Bien que l’on ne voie l’intérêt de faire de la discrimination en fonction de la durée de résidence, il nous a fallu définir une durée. Nous avons proposé un premier amendement impliquant les résidents d’au moins cinq ans".
Elle remarque que le second amendement soulève un sujet sensible : "Il répond à une demande, celle de ces parents dont les enfants malades doivent se faire soigner en Métropole et dont le coût du transport n’est pas pris en charge par la sécurité sociale". Pour elle, il y a "une véritable injustice à réparer" et rappelle que "même si cela n’est pas de la compétence initiale de la Région, elle accepte le principe d’intervention en dernier recours".

"Ouvrir La Réunion au reste du monde"

Enfin, le dernier amendement concerne les personnes handicapées, "celles qui doivent pour des raisons d’urgence se rendre en Métropole, et enfin celles qui y ont trouvé un travail, et ce, sans condition de ressources".
Concernant la motion en faveur d’un tarif aérien maximum, Yasmina Panshbaya estime qu’elle est "empreinte d’une dimension humaine comme économique car elle vise le transport des personnes et non celui du fret. Nous souhaitons inciter la collectivité régionale à poursuivre le combat pour donner un contenu concret à la volonté d’ouverture de La Réunion au reste du monde".
"La loi se doit d’indiquer, pour le cas du prix du billet, les limites à ne pas dépasser et instaurer une réelle concurrence", ajoute la conseillère, "elle n’existe pas pour l’heure, car si cela était le cas, le prix des billets ne resterait pas aussi excessif. Je crois qu’il faut poursuivre l’effort jusqu’à obtenir une véritable baisse des tarifs et ne pas se limiter à des offres promotionnelles ponctuelles".
"Que nous résidions à La Réunion depuis 2 mois, 2 ans, 10 ans ou que nous y soyons nés, nous sommes tous confrontés au handicap du prix du billet et il faut se battre pour que cela change", conclut Yasmina Panshbaya.

Estéfany


Nouvelle taxe pour les voyageurs

Depuis le 1er janvier 2004, la loi de finances votée par l’UMP prévoit une augmentation de plus de 13% des tarifs de la TAC (Taxe de l’aviation civile), entraînant une recette supplémentaire de 33,87 millions d’euros. Cette taxe est acquittée par les voyageurs eux-mêmes. Le produit de cette taxe permet d’assurer les dépenses de sûreté de l’État dans les aéroports, aide aux financements des besoins des gestionnaires d’aéroports en matière de sécurité, de sûreté et de contrôle environnementaux. Il permet, par ailleurs, l’attribution de subventions aux entreprises de transport aérien qui assurent des dessertes déficitaires. Une partie de ce produit revient au BAAC (Budget annexe de l’Aviation civile), utilisé principalement pour des dépenses de fonctionnement, notamment des dépenses de personnel.
À noter que depuis 1999, le service de sûreté et le service des pompiers dans les aéroports, financés initialement par l’État, sont progressivement transférés à la charge des usagers. Ainsi, pour assurer ces prestations, les passagers supportent là encore une majoration de 9,5 euros sur le prix du billet d’avion. Le désengagement de l’État de ses tâches régaliennes se répercute sur le prix des billets d’avion et donc sur les usagers, dont les passagers réunionnais.


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Témoignages - 82e année


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