Impact du prochain accord de partenariat économique entre Madagascar et l’Union européenne

Élections communales : pourquoi les candidats évitent-ils le débat sur l’avenir économique de La Réunion ?

27 février, par Manuel Marchal

À quelques semaines des élections communales, un silence inquiétant domine à La Réunion. Quel candidat aborde-t-il les conséquences de l’accord de partenariat économique entre Madagascar et l’Union européenne ? Pourtant, cet accord menace directement l’emploi et l’avenir productif de l’île. Pourquoi ce silence ? Et jusqu’à quand les Réunionnais seront-ils tenus à l’écart des décisions qui engagent leur avenir ?

À l’approche d’un scrutin communal, une question essentielle reste absente des débats publics : celle des conséquences de l’accord de partenariat économique (APE) entre Madagascar et l’Union européenne. Pourtant, les élus qui sortiront des urnes le mois prochain exerceront leur mandat pendant six ans, précisément au moment où cet accord produira ses effets les plus profonds sur l’économie réunionnaise.

Traité de libre-échange : ouverture totale de La Réunion à la concurrence

Un APE n’est pas un simple accord de coopération. Il s’agit d’un traité de libre-échange qui organise l’ouverture des marchés entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Son principe est clair : supprimer progressivement les protections douanières, faciliter la circulation des capitaux et permettre aux entreprises d’investir, produire et vendre sans obstacles. L’Union européenne ouvre son marché, mais en contrepartie, les pays signataires doivent ouvrir largement le leur aux intérêts économiques européens.
Dans ce contexte, Madagascar devient une cible privilégiée pour les stratégies de délocalisation. Avec des salaires extrêmement bas, le pays offre aux grandes entreprises la possibilité de produire à moindre coût. Ces biens et services pourront ensuite être vendus librement et à prix d’or, notamment à La Réunion, sans mécanismes de protection pour l’économie locale.
Cette orientation a été confirmée lors de la rencontre du 24 février 2026 entre Emmanuel Macron et Michaël Randrianirina. L’accent a été mis sur les investissements privés et sur le rôle du patronat dans le développement des échanges. Mais à aucun moment la question de la protection de l’économie réunionnaise ni celle du co-développement régional n’ont été placées au cœur des priorités.

La Réunion bientôt terre de consommation sans production ?

Pour La Réunion, les conséquences pourraient être dramatiques. Chaque délocalisation signifie la disparition d’emplois locaux. Chaque activité transférée affaiblit un peu plus la capacité de production de l’île. Progressivement, La Réunion risque d’être réduite au rôle de simple terre de consommation, dépendant de productions réalisées ailleurs, sans maîtrise de son propre développement.

Omerta à La Réunion

Et pourtant, dans cette campagne électorale, ce sujet est ignoré. Aucun débat public, aucune proposition structurée, aucune stratégie claire pour défendre l’emploi local et soutenir le tissu productif. Ce silence pose une question fondamentale : les intérêts des Réunionnais sont-ils réellement défendus ?
Car il ne s’agit pas seulement d’économie. Il s’agit de dignité, de souveraineté et d’avenir. Une société qui ne produit plus dépend entièrement des décisions prises ailleurs. Elle devient vulnérable, fragile, incapable de garantir un avenir à sa jeunesse.

L’alternative au sous-développement de La Réunion : rassembler pour le co-développement

Face à cette menace, une autre voie est possible : celle du co-développement. La Réunion et Madagascar ne doivent pas être placés en concurrence, mais engagés dans une coopération équilibrée, fondée sur la complémentarité et le respect mutuel. Le développement de l’un ne doit pas se faire au détriment de l’autre.
Cela suppose des choix politiques courageux : soutenir la production locale, protéger les filières stratégiques, investir dans les compétences et construire des partenariats régionaux équitables.

Les Réunionnais ont le droit de savoir, de comprendre et de choisir

Les élections communales ne doivent pas être réduites à des enjeux secondaires. Elles doivent être l’occasion d’un véritable débat sur l’avenir économique de l’île. Les Réunionnais ont le droit de savoir, le droit de comprendre et le droit de choisir.
Plus que jamais, le moment est venu de briser le silence. Le moment est venu de se rassembler pour défendre l’intérêt collectif. Le moment est venu de faire entendre la voix des Réunionnais, pour que La Réunion reste une terre de production, de travail et de dignité, et non un territoire sacrifié aux logiques du profit.

M.M.

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  • Pour que les choses changent vraiment, devant cette situation pénible et désespérante à la fois qui entraîne un repli sur soit, de la résignation, de la colère, voici ce que l’on pourrait proposer, et les lignes que je viens de lire dans le présent article en ligne, serait :

    - d’encourager les jeunes à poursuivre le plus loin possible les études.
    - de ne pas se décourager ni d’écouter les mauvais conseils, ça existe, du style "c’est ta faute", " fais comme moi, à 25 ans, demande le RSA, tu verras, cool, on peut même, entre deux dodos et rhume arrangé, aller bosser, puis jouer au tiercé, au loto etc. ", "on n’est pas bien ici, parts pas, là bas, t’auras pas d’ami, il fait froid..."
    - il faut faire confiance aux conseillers d’orientation qui sont aussi psychologues, qui sont des professionnels diplômés, titulaires de l’Administration.
    - aller voir les entreprises et demander ce que l’on cherche, ce qui est difficile à recruter.
    - être volontaire pour partir, dans la région, l’hexagone, l’Europe, le reste du monde, surtout si on n’a pas de charge, de problème de santé, de dettes etc. En se disant qu’il est plus digne de tenter l’aventure, aller vers l’inconnu, même si on se renseigne avant, c’est toujours plein de nouveautés, d’enrichissement, une école de vie, plutôt que de trainer ici, tourner en rond, s’enfermer dans la routine, se sentir inutile dans la société, passer son existence à consommer, boire, manger, sans faire de sport, essayer de suivre ce que le capitalisme voudrait nous encourager à faire, sans aucune souci concernant les restes aussi bien des produits industriels, leurs emballages tout ce qui pollue, air, terre et mer. Se faire ensuite mal voir par ses famille, ses amis.
    - que te temps, d’énergie gâchée, déjà dès l’école, au collège, au lycée, sans oublier qu’au passage, on a pris la place d’autres personnes, plus sérieuses, motivées vraiment qui aurait bien aimé être à la même place
    Bon WE et vacances pour tous et toutes, bon courage pour la suite ; Athur.Bientôt, on vote pour qui on veut, c’est un devoir civique qu’hélas pas mal de pays n’offrent pas à leurs populations, où les dictatures, les corruptions sont encore présentes. Ne n’oublions pas que nous avons cette chance d’avoir pour fois le choix de notre futur.


Témoignages - 82e année


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