Face à la baisse des subventions de la France pour financer des emplois précaires et sous-rémunérés

Environnement et aide à la personne : des emplois pour pérenniser les PEC

7 mai, par Manuel Marchal

La baisse des PEC confirme celle des crédits de l’État pour lutter contre le chômage. Malgré 25 % des crédits pour La Réunion, la pénurie d’emplois reste massive. En 2026 : 4000 contrats dont 800 pour 24 communes, à mi-temps et sous-rémunérés, pour des tâches équivalentes à celles de fonctionnaires surrémunérés à 53 %. Ce système précaire, marqué par clientélisme et promesses électorales, s’effondre. Une alternative existe : créer des emplois durables dans l’environnement et l’aide à la personne en réorientant les fonds publics, pour sortir enfin de la logique d’assistance et de gestion de la misère causée par le système néocolonial.

La baisse du nombre de contrats Parcours Emploi Compétence (PEC) au niveau national est une nouvelle illustration du désengagement progressif de l’État face à l’urgence sociale. Pourtant, La Réunion apparaît comme une exception relative : notre île de moins d’un million d’habitants capte encore 25 % de l’enveloppe de l’État pour toute la République française et ses plus de 60 millions d’habitants. Un chiffre qui peut sembler important, mais qui, en réalité, ne fait que souligner l’ampleur dramatique de la pénurie d’emplois créée par un système néocolonial, la départementalisation.

800 emplois payés un demi-SMIC pendant 6 mois pour faire le travail de fonctionnaires sur-rémunérés à 53 %

Pour 2026, la programmation prévoit 4000 contrats, dont 800 attribués aux 24 communes. C’est une réponse largement insuffisante face à une pénurie d’emplois qui atteint ici des niveaux sans commune mesure avec la France. Les conditions de ces contrats confirment une logique de précarité institutionnalisée : une prise en charge à 40 % du SMIC horaire brut, sur 21 heures hebdomadaires, pour une durée maximale de six mois. En clair, des emplois de 6 mois à mi-temps, payés un demi-SMIC, pour des missions qui, dans les communes relèvent pourtant souvent de compétences et de responsabilités comparables à celles de fonctionnaires bénéficiant, eux, d’une sur-rémunération de 53 % et de la garantie de l’emploi jusqu’à la retraite.

Effondrement d’un système

C’est tout un système qui se fissure. Pendant des années, la gestion des contrats aidés a dérivé vers des pratiques clientélistes qui ont profondément abîmé la confiance publique. À l’approche d’échéances municipales, des embauches massives ont parfois servi d’outil d’influence électorale, engageant non seulement des individus mais des familles entières dans une relation de dépendance. Certaines élections ont même été invalidées, révélant l’ampleur de ces dérives. Dans le même temps, des promesses d’embauches ont été brandies comme arguments de campagne, sans aucune garantie de réalisation. Aujourd’hui, avec seulement 800 contrats subventionnés pour l’ensemble des 24 communes — là où une seule commune pouvait autrefois en mobiliser autant — ce système s’effondre. Les promesses s’évaporent, et la révolte menace chez une population prise au piège de la corruption et du clientélisme.
Cela illustre une politique qui, depuis des décennies, se contente de gérer la misère sans jamais s’attaquer aux causes profondes du chômage de masse à La Réunion. Le “traitement social du chômage” a montré ses limites : il ne crée pas d’emplois durables dans notre pays, il entretient la précarité.

Deux grands services fonctionnant sans argent public à terme

Face à cela, des alternatives existent. Depuis longtemps, le Parti communiste réunionnais défend une autre voie : celle de l’intégration des travailleurs en emplois aidés dans de véritables services d’intérêt public, structurés autour de deux axes majeurs — l’environnement et l’aide à la personne. Ces secteurs ne sont pas des niches temporaires : ils correspondent à des besoins croissants et durables. Vieillissement de la population, plus de 10 000 naissances par an, exigence accrue de protection de notre biodiversité et de lutte contre les moustiques transmettant des maladies tropicales — autant de défis qui nécessitent des réponses massives et organisées.
Ces besoins représentent des dizaines de milliers d’emplois potentiels. Des emplois indispensables, non délocalisables, à valoriser. Et les moyens existent : chaque année, plusieurs millions d’euros sont consacrés par l’État à des emplois précaires sous-payés. Pourquoi ne pas rediriger ces fonds pour amorcer la création de véritables filières professionnelles, capables de fonctionner à terme sans subvention ?

Libérer les victimes de la départementalisation de la pauvreté

Pour piloter cette transformation, il appartient aux Réunionnais de prendre leurs responsabilités. Chômeurs, salariés, employeurs et financeurs doivent être associés à la gouvernance. Les maires, aujourd’hui en première ligne pour gérer la pénurie, pourraient ainsi être déchargés d’un rôle qui n’est pas le leur.
Il est temps de rompre avec une impasse. La Réunion a besoin d’un projet structurant, capable de transformer la précarité en emplois durables. Continuer sur la voie actuelle, c’est accepter l’enlisement. Changer de cap, c’est enfin donner une perspective à la classe maintenue dans la pauvreté par la départementalisation, c’est-à-dire la majorité des Réunionnais.

M.M.

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Messages

  • C’est tout à fait opportun de rappeler les propositions du PCR. Antérieurement, il avait aussi préconisé la globalisation de toutes les aides de l’État, dans le cadre d’une gestion responsable et autonome par les Réunionnais.
    La fin de ce système, cela veut dire aussi la fin des sur-salaires (53%) parce que ce sont eux qui nous ont mis dans l’impasse.
    Moin lé dézolé dire sa, mé nout bann zéli-la – tout’ la bann – i réponn paditou komm i fo.


Témoignages - 82e année


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