La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
L’écroulement d’un modèle
10 janvier 2013

20.000 demandeurs d’emploi dans le Nord au 1er janvier 2008, plus de 33.000 en novembre dernier, soit une hausse de 50% en moins de 5 ans. Cela traduit l’impasse d’un modèle, même dans la région privilégiée par le pouvoir parisien.
Voici l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi dans le Nord de La Réunion : une hausse de 50% depuis le changement de maire à Saint-Denis. L’élection de deux députées issue de ce Conseil municipal va-t-elle apporter un changement ?
Depuis l’abolition du statut colonial, la place de Saint-Denis et de sa périphérie s’est accentuée au sein de notre île. Ce déséquilibre était encouragé par le pouvoir parisien. C’est en effet lui qui décida de construire l’aéroport sur les terres à cannes de Gillot plutôt que d’agrandir l’aérodrome de La Possession. Ce dernier avait pourtant comme avantages d’être juste à côté du port de commerce, et sur des terres qui n’étaient pas cultivables.
C’est sous l’impulsion des gouvernements successifs que des investissements massifs ont été faits à Saint-Denis au détriment d’autres régions de notre île. Des quartiers entiers ont été construits dans l’Ouest de la Ville plutôt qu’à La Montagne.
C’est aussi à Saint-Denis que se situent les directions des services publics, la plupart des sièges des filiales des entreprises françaises. Cela explique pourquoi c’est dans le Nord que le taux de chômage est le moins élevé.
Avec l’accélération de la crise se pose la question de savoir combien de temps ce modèle pouvait résister. Le dernier numéro du bulletin mensuel de la Maison de l’emploi du Nord apporte un éclairage sur cette question : comme partout ailleurs dans notre île, c’est la faillite. En effet, depuis 2008, le nombre des demandeurs d’emploi a augmenté de 50%. Il est clair que l’arrêt des chantiers du Pôle océan et du Zénith intercommunal ont lourdement pesé dans cette augmentation. Mais ces décisions politiques n’expliquent pas tout.
Malgré toutes les attentions dont elle a pu bénéficier de la part du pouvoir parisien de droite comme de gauche, Saint-Denis est touchée comme les autres par le chômage. Et comme partout ailleurs, la crise est tellement profonde que ce ne sont pas les emplois aidés annoncés par le gouvernement qui offriront une solution à tout le monde. La tension sociale est d’ailleurs bien palpable, avec un climat aussi chargé que l’an passé avant les émeutes de février. La différence, c’est que le changement tant attendu n’a pas eu lieu.
M.M.
L’arrêt du chantier du Pôle océan a une influence dans cette aggravation.
À Saint-Denis, plus de 24.000 demandeurs d’emploi en novembre dernier.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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