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Jusqu’au 15 décembre à l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis
10 décembre 2016, par

Jeudi soir à Saint-Denis a eu lieu le vernissage de l’exposition d’André Béton consacrée à Paul Vergès. Elle se tient dans un lieu symbolique, l’ancien hôtel de ville. Ce fut en effet à cet endroit que fut fondée la Fédération communiste de La Réunion en novembre 1947. Ce fut également ici qu’a été organisée une des plus graves opération de fraude électorale. Elle a empêché Paul Vergès de devenir maire de Saint-Denis en mars 1959. Notre regretté camarade avait alors été violemment frappé par des CRS à quelques pas de là, qui l’ont abandonné sur le trottoir où il gisait sans connaissance.
Depuis jeudi, une exposition sur Paul Vergès est visible à l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis. Elle présente une trentaine d’œuvre d’André Béton. L’artiste a travaillé au pochoir et à la sérigraphie. Il a utilisé le mode de reproduction de l’époque des années 70 pour produire les tableaux de cette exposition comme les outils des militants colleurs d’affiches.
Lors du vernissage jeudi, André Béton a rappelé l’importance historique de Paul Vergès, et l’influence du PCR auprès de la population en faisant référence à son expérience familiale. Sans être adhérent au Parti, André Béton réussit à rendre hommage à plus de 50 ans de luttes pour La Réunion. Puis André Pestel est intervenu au nom de la Mairie de Saint-Denis. Lors du vernissage, le PCR était notamment représenté par Ary Yée Chong Tchi Kan, co-secrétaire général.
L’exposition est actuellement installée dans la salle du Patrimoine, au premier étage de l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis. Les tableaux avaient d’abord été exposés dans la galerie d’art de l’APECA au Tampon au mois de septembre dernier. Le 5 septembre, Paul Vergès l’avait visitée. Il était accompagné d’une délégation du PCR composée de Maurice Gironcel, co-secrétaire général, de Philippe Berne et de Lucien Biedinger.
Pour Paul Vergès, les communistes, et plus largement les Réunionnais, le lieu de cette exposition est chargé d’histoire. Raymond Vergès a été élu maire de Saint-Denis en 1945, et son Conseil municipal siégeait dans ce bâtiment. C’est également dans l’ancien hôtel de ville de Saint-Denis qu’eut lieu le congrès fondateur de la Fédération communiste de La Réunion, en novembre 1947.
En mars 1959, des événements tragiques s’y sont déroulés. La liste conduite par Paul Vergès était en tête des élections municipales. C’est alors qu’une opération de fraude fut organisée pour inverser les résultats. Paul Vergès a alors été violemment frappé par des policiers à proximité de l’ancien hôtel de ville, qui l’ont laissé sans connaissance sur le sol.
À quelques kilomètres, Eliard Laude était assassiné par des nervis et son jeune camarade Baïkom grièvement blessé.
Outre cet exposition qui est visible jusqu’au 15 décembre, un autre hommage sera rendu à Paul Vergès demain à 18 heures à l’occasion du Festival du film documentaire de Saint-Denis. Deux films seront projetés dans le grand salon de l’ancien hôtel de ville.
Maloya pour la liberté deJacqueline Meppiel. Réalisé en 1979, il retrace notamment la visite dans notre île de Georges Marchais, ancien secrétaire général du PCR, lors de la campagne des premières élections européennes. Ce documentaire est réalisé par celle qui enregistra clandestinement de nuit, sur un magnétophone à bande, dans la cour de Doudou Gonthier à la Ligne Paradis, la bande son de ce qui allait constituer la matière du 33 tour intitulé « Le Maloya ». L’artiste principal est Firmin Viry.
Ce disque, édité en 1976, est le premier enregistrement de Maloya jamais réalisé. Il sera immédiatement suivi d’un second intitulé « Peuple du maloya ». L’initiative de ces enregistrements revient au PCR.
Cette projection sera suivie d’une conférence-discussion de Carpanin Marimoutou, professeur de littérature à l’université de La Réunion, notamment sur le maloya dans les années soixante et soixante-dix.
Le second documentaire est le grand échiquier, de Bernard Gouley et Christophe Debuisne. Il donne un coup de projecteur sur les destins de Paul Vergès et de son frère Jacques Vergès.
M.M.
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