À Saint-Denis, la solidarité face à une misère qui s’aggrave 80 ans après la fin du statut colonial
3 août, parDistribution de repas et de vêtements à des pauvres de Saint-Denis
Les taux d’intérêt français dépassent 4 % : moins d’argent de la France pour La Réunion
3 août, par

Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ne sont plus des crises lointaines. Elles provoquent déjà une hausse des prix de l’énergie, des céréales, des engrais et du transport maritime, tandis que les taux d’intérêt français dépassent 4 % pour la première fois depuis 2008. Pour La Réunion, territoire fortement dépendant des importations et des transferts financiers publics, ces évolutions constituent une menace majeure. Pourtant, aucun débat d’ensemble ne semble émerger. Face à ces risques, une grande concertation réunionnaise apparaît plus que jamais nécessaire.
Les combats en Ukraine comme l’extension du conflit impliquant l’Iran ne se limitent plus aux champs de bataille. Ils affectent désormais les grands équilibres économiques mondiaux. Les tensions sur les marchés du pétrole et du gaz alimentent l’inflation. Pour tenter de la contenir, les banques centrales maintiennent des politiques monétaires restrictives, tandis que les taux auxquels la France emprunte dépassent désormais les 4 %, un niveau inédit depuis la crise financière de 2008.
Cette évolution n’est pas anodine. Plus les intérêts de la dette française augmentent, plus une part importante du budget de l’État est absorbée par son remboursement. Les marges de manœuvre budgétaires se réduisent alors pour financer les politiques publiques, les investissements et les transferts financiers vers les pays dépendant fortement des crédits de la France, dont La Réunion.
Cette perspective soulève une question simple : comment les collectivités réunionnaises, dont une large partie des budgets dépend de financements venus de France et de l’Union européenne, se préparent-elles à une éventuelle diminution de ces ressources ?
Face à cette accumulation de menaces, le silence des principaux responsables politiques réunionnais surprend. Les collectivités territoriales gèrent chaque année plusieurs milliards d’euros de dépenses publiques, largement alimentées par les dotations de la France et les fonds européens.
Si les finances publiques françaises se tendent durablement sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt, quelles seront les conséquences pour les investissements, les politiques sociales, les transports, le logement, les infrastructures ou encore les services publics à La Réunion ?
Existe-t-il des scénarios d’anticipation ? Des plans de continuité ? Des stratégies de réduction des dépendances ? À ce jour, ces questions semblent peu présentes dans le débat public.
L’heure n’est pourtant plus à l’attentisme. Les crises internationales révèlent les fragilités d’un système économique fondé sur une forte dépendance aux importations, aux énergies fossiles, au transport maritime et aux financements français.
La Réunion dispose pourtant d’atouts importants : un potentiel considérable en énergies renouvelables, des possibilités de renforcer sa production agricole, des voisins capables de devenir des partenaires économiques de premier plan dans l’océan Indien et une population riche de compétences.
Ces défis dépassent les clivages politiques. Ils concernent l’ensemble du pays.
C’est pourquoi une grande concertation associant collectivités, État, acteurs économiques, monde agricole, syndicats, associations, chercheurs et citoyens apparaît indispensable. Son objectif serait d’élaborer une véritable stratégie face aux crises internationales : sécurité alimentaire, autonomie énergétique, diversification des approvisionnements, constitution de stocks stratégiques, coopération régionale et adaptation des finances publiques.
Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient montrent que les événements internationaux peuvent bouleverser, en quelques semaines, la vie quotidienne des Réunionnais. Attendre que les difficultés s’aggravent avant d’agir serait prendre un risque que l’île ne peut plus se permettre.
M.M.
Distribution de repas et de vêtements à des pauvres de Saint-Denis
In kozman pou la rout
Les taux d’intérêt français dépassent 4 % : moins d’argent de la France pour La Réunion
Parc éolien Ummbila Emoyeni en Afrique du Sud
Produire de l’électricité grâce à la rencontre de l’eau douce et de l’eau de mer
Appel des Amis des marins
Archéologie : Un campement d’invaincus découvert
Na pwin lontan mi oi dann télé, in lanjin apré boulvèrs in kour lékol. Mi domann amwin pou kossa io fé sa, sirtou kan ou la bétone la kour-la na (…)
Mézami so matin l’ariv amwin d’ékoute in radio épi toudinkou in sobatkoz la pété. Rant sak i di mourong sé in bon nouritir é sak i di sa lé nil (…)
Alliance entre Paris et Tereos pour exploiter au maximum les planteurs en recourant à l’argent public pour acheter la paix sociale ?
Impact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
Derrière les fuites dans les réseaux, des choix politiques