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L’intervention de Elie Hoarau à la conférence de Younous Omarjee
19 mai 2014, par

Elu député européen en 2009, Elie Hoarau a démissionné en 2012, pour transmettre cette responsabilité à Younous Omarjee. Les deux hommes ont durant ce mandat défendu les spécificités des Régions Ultrapériphériques (RUP) et continué le combat mené au sein de l’Union européenne depuis 1979.
Lors de son intervention, vendredi 16 mai, à Saint Pierre, Elie Hoarau est revenu sur la création de l’Union européenne et ses conséquences à La Réunion : « A la création de l’Union européenne, les décisions sont prises dans certains domaines par l’Union européenne pour ensuite être appliquées dans toute la France et chez nous, à La Réunion. Ce sont des domaines importants, comme l’agriculture. Ce n’est plus le gouvernement français qui décide mais l’Union européenne ».
Des décisions qui impactent directement la vie des Réunionnais, car « le problème est de savoir comment nous pouvons défendre La Réunion dans l’Union européenne. C’est un combat qui a démarré il y a longtemps », a expliqué l’ancien député. Ce dernier a rappelé qu’à l’Union européenne, « nous avons toujours eu un député européen ».
En 1979, Paul Vergès est élu, « il avait averti l’Union européenne, que les règlements et lois qui sont appliquées dans toute l’Europe, concernent des pays riches, comme la France, l’Allemagne, la Belgique. Ces règlements ne sont pas toujours applicable à La Réunion, car la situation est différence ».
Raison pour laquelle, « il ne faut pas appliquer mécaniquement les règles européennes à La Réunion », a assuré Elie Hoarau. A partir de ce constat, « Il y a eu le respect par l’Union européenne de nos spécificités ». Face aux difficultés économique et sociales de La Réunion et au retard de développement, Paul Vergès a assuré auprès des députés européens qu’il fallait « adapter les règles européennes » aux départements d’Outremer.
« Ce n’était pas un combat facile, parce que certains disaient qu’il ne falla-t pas d’exception ». C’est pourquoi « il faut continuer à se battre, il existe des règles valables pour les pays développés, mais à La Réunion, si on applique ces règles, on est mort ». « Il faut faire respecter nos spécificités et lutter parce que sinon on est broyé par la grosse machine européenne ».
D’ailleurs, face aux défis économiques que connait La Réunion avec le chômage de masse, les menaces sur la filière canne, ou encore le Traité Transatlantique, qui « va permettre aux pays de notre zone d’entrer sur notre marché sans taxe douanière ». « Comment peut-on sauver notre production », a posé Elie Hoarau.
Tous les défis imposent pour l’ancien député européen d’avoir « un député pour faire respecter la réalité réunionnaise, pour le développement de notre pays et pour faire vivre les réunionnais ». « Quand l’Union européenne met des normes, on est obligé de les respecter ici, mais comment concurrencer alors avec les produits qui rentrent de l’extérieur, où il n’y a pas de normes, ni de frais de production », a indiqué Elie Hoarau.
Ce dernier a assuré qu’il « faut un député au Parlement européen qui a compris les enjeux et mènera la bataille, engagée depuis 1979 ». D’autant plus que « la notion de Région Ultrapériphérique vient du combat de Paul Vergès, de faire respecter les spécificités réunionnaise », en faisant intégrer l’article 349 indiquant que les mesures prises pouvaient être adaptées aux territoires des RUP.
« D’abord Paul Vergès, ensuite moi même, puis Younous Omarjee, le combat n’est pas fini », car l’Union européenne établi un programme pour sept ans, « quand la période est terminée, la tendance est de tout remettre à plat, ce qui veut dire que le combat est continuel ». « Il faut apporter sa confiance à Younous Omarjee, c’est le seul qui connait bien les rouages de l’Union européenne et qui va se battre pour faire respecter La Réunion », a conclu Elie Hoarau.
Céline Tabou
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