Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
CNFPT :13 % des salariés de La Réunion travaillent dans une Mairie ou une autre collectivité
20 février, par

Le dernier rapport du Centre National de la Fonction Publique Territoriale confirme le rôle essentiel des agents territoriaux à La Réunion. Pourtant, précarité, clientélisme et refus de l’État d’assumer ses responsabilités bloquent leur titularisation. C’est une injustice structurelle qui pénalise à la fois les travailleurs et la population.
À La Réunion, la fonction publique territoriale est un secteur exceptionnel. Avec 36 499 agents, soit 39,6 % des emplois publics et plus de 13 % des travailleurs salariés, elle constitue un pilier du fonctionnement quotidien de la société (il y a 92 000 travailleurs dans la fonction publique dont 36 000 dans les collectivités. Il y a 280 000 salariés). Dans les communes, les crèches, les écoles, les équipements culturels ou sportifs, ces femmes et ces hommes assurent la continuité du service public et contribuent directement à la cohésion sociale, indique le rapport régionalisé du Centre National de la Fonction Publique Territoriale. Le rapport met en lumière une réalité brutale : seulement 43 % des agents sont titulaires. Autrement dit, plus de la moitié se trouve en situation irrégulière.
Des milliers de travailleurs accomplissent les mêmes missions que leurs homologues titulaires, mais sans la sécurité de l’emploi ni les garanties d’une carrière. Dans la fonction publique, la titularisation est la règle. C’est le cas en France. Après la réussite à un concours de recrutement, l’embauche est budgétisée et la personne titularisée. Selon le rapport du CNFPT, La Réunion compte à peine 40 % de titulaires. L’argumentation généralement avancée soulève l’obligation de verser une surrémunération aux titulaires. Les collectivités risquent de faire exploser leur budget, car elles ont un potentiel fiscal plus faible qu’en France. La cause principale est le sous-développement, marqué par une pauvreté massive. Enfin, la sécurité de l’emploi rend moins vulnérable aux pressions des employeurs.
L’État qui fixe le niveau de revenu dans la fonction publique, impose les conditions de la rémunération supplémentaire, mais refuse de la financer. Du coup, cette situation condamne des milliers d’agents à la précarité.
Dans ce contexte, la fonction publique territoriale devient aussi un terrain de clientélisme. Trop souvent, en période électorale, des promesses de recrutements sont faites sur des critères d’affinité politicienne ou familiale plutôt que sur la compétence. En cas de changement à la tête d’une collectivité, il est arrivé que des travailleurs précaires soient jetés au chômage pour que la nouvelle direction d’élus puisse tenter de tenir ses promesses d’embauche. Pendant ce temps, des lauréats de concours, pourtant reconnus aptes par un jury, restent sans emploi. Ce scandale est une double injustice : pour les travailleurs qualifiés écartés et pour la population, privée d’un service public fondé sur la compétence et l’égalité.
Depuis longtemps, le Parti Communiste Réunionnais propose des solutions d’harmonisations de revenus. Par exemple, celle de la prise en charge par l’État de la surrémunération qu’il a lui-même instituée. Cette mesure permettrait de titulariser tous les agents, de sécuriser les emplois et de moraliser les recrutements.
Mais à Paris, des irresponsables pénalisent le développement de notre pays. Pendant ce temps, d’autres à La Réunion entretiennent l’illusion que la titularisation est possible dans ce contexte actuel. Le combat pour disposer d’un personnel titulaire est une œuvre de justice, d’égalité et de dignité.
On espère que les candidats aux municipales, impliquant les exécutifs des assemblées Régionales et Départementales, s’expriment pour la garantie des emplois stables et transparents dans la fonction publique territoriale. Ils expliqueront comment ils vont défendre le droit fondamental de la population réunionnaise à un service public de qualité, assuré par des agents respectés, reconnus et protégés. Rappelons que plus de la moitié des agents ne sont pas titulaires.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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