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L’urgence d’aider les jeunes à s’organiser et prendre conscience de la situation pour éviter l’embrasement
13 janvier, par

En 2025, l’explosion sociale à Madagascar révèle ce qui arrive quand une jeunesse abandonnée n’a plus d’horizon. À La Réunion, chômage massif, vie chère et économie verrouillée nourrissent la même colère. La seule issue est d’organiser et de conscientiser la jeunesse pour transformer le désespoir en force politique. Avec un plan global et l’unité du peuple, l’émancipation peut l’emporter sur le chaos.
En octobre 2025, Antananarivo s’est embrasée. Coupures d’eau et d’électricité, misère de masse, promesses politiques trahies : pour une jeunesse qui n’a connu que la crise, l’humiliation est devenue insupportable. À Madagascar, ce n’est pas la violence qui est née spontanément, c’est le désespoir. Et quand une génération est abandonnée sans perspectives, la colère finit toujours par trouver une issue brutale.
Ce qui se joue là-bas nous concerne directement. De l’Indonésie au Pérou, de l’Iran à la Bulgarie, où la jeunesse a fait tomber un gouvernement en décembre 2025, une même génération se lève. Elle ne réclame pas le chaos : elle réclame une place dans l’avenir. Là où cette demande n’est pas entendue, la rue devient le dernier langage possible.
À La Réunion, tous les ingrédients de cette explosion sont réunis. La moitié des jeunes sortis de l’école est au chômage. Le logement est hors de prix. La vie chère écrase les familles. L’économie est contrôlée par quelques groupes liés à l’extérieur. Une jeunesse entière se sent inutile dans son propre pays.
Face à cela, il n’y a que deux chemins : la colère désorganisée ou la lutte consciente. Si la jeunesse n’est pas organisée, politisée, accompagnée, elle peut être poussée vers des formes de révolte sans perspective comme brûler les Mairies et détruire les piliers de la société de consommation ou attaquer les groupes étrangers qui contrôlent notre économie. Notre responsabilité collective est d’empêcher que le désespoir se transforme en affrontements stériles. La seule issue digne, c’est l’organisation populaire et la prise de conscience.
Organiser la jeunesse, ce n’est pas l’encadrer pour la faire taire. C’est lui donner les outils pour comprendre d’où viennent ses problèmes, qui profite du système, et comment le transformer. C’est construire des structures, des espaces de débat, des mobilisations pour que la colère devienne une force politique, et non une explosion sociale.
La crise est trop profonde pour des mesurettes. Il faut un plan global pour l’emploi, le logement, la production et la justice sociale. Depuis 1959, le PCR travaille au rassemblement des forces réunionnaises pour bâtir ce projet.
Notre avenir doit être décidé ici. Nous négocierons ensuite avec la France l’accompagnement financier de notre développement, sur la base d’une dette historique liée à l’esclavage et à la colonisation.
La jeunesse réunionnaise n’est pas un problème : elle est la solution, si elle est organisée et consciente. Fidèle à l’héritage de Paul Vergès, le PCR appelle à faire de 2026 l’année où notre peuple choisira la responsabilité plutôt que le chaos, l’émancipation plutôt que la colère aveugle.
M.M.
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