Extension possible du conflit au Moyen-Orient dans l’océan Indien

Guerre de Trump contre l’Iran : La Réunion face au risque d’un blocus ?

26 septembre, par Manuel Marchal

Hier, la tour Oméga rappelait que La Réunion pouvait être intégrée à une stratégie militaire mondiale. Aujourd’hui, la présence d’une base militaire française et les escales de bâtiments américains dans l’île prennent une nouvelle dimension avec l’extension possible à l’océan Indien du conflit au Moyen-Orient. Mais pour les Réunionnais, le danger ne serait pas seulement militaire : une crise dans l’océan Indien pourrait surtout frapper une île extrêmement dépendante des importations en énergie, nourriture et médicaments.

Pendant la guerre froide, La Réunion était intégrée au dispositif stratégique américain avec la station Oméga de Saint-Paul. Cette immense antenne de radionavigation participait au réseau mondial utilisé par les forces américaines, notamment pour la navigation des bombardiers et des bâtiments militaires. En cas de guerre des États-Unis contre l’Union soviétique, cette installation pouvait donc faire de La Réunion un objectif militaire potentiel.

Dépendance pilier du système néocolonial

Dans le contexte actuel, alors que l’océan Indien est évoqué comme possible extension du conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, cette situation mérite d’être prise au sérieux.
Car une extension de la guerre aurait des conséquences économiques immédiates, même sans attaque contre La Réunion.
A cause du système néocolonial opposé au développement du pays, l’économie réunionnaise dépend massivement des marchandises venues de l’extérieur. Carburants, produits alimentaires, médicaments, matériaux de construction, équipements industriels, véhicules et une grande partie des biens de consommation arrivent par voie maritime. Une perturbation des routes commerciales de l’océan Indien pourrait donc rapidement provoquer des retards, des pénuries et une augmentation des prix.
La crise énergétique montre déjà la vulnérabilité de l’île. Une perturbation durable du trafic maritime ou une hausse brutale du coût du pétrole renchérirait à la fois le transport, l’électricité, la production agricole et industrielle et, finalement, l’ensemble du coût de la vie.

Les pauvres, classe la plus nombreuse de notre pays, seront les premières victimes

Le risque serait encore plus grand si les tensions militaires entraînaient une réduction du trafic maritime dans le canal de Suez, la mer Rouge, le détroit de Bab el-Mandeb ou l’océan Indien. Pour une île qui ne peut pas compter sur unz production locale capable de remplacer rapidement les importations, quelques semaines de désorganisation pourraient avoir des effets considérables.
La question de la sécurité de La Réunion ne peut donc pas être réduite à la protection des installations militaires. Elle concerne directement le ravitaillement de la population.
La dépendance aux importations ajoute une vulnérabilité : une guerre qui s’étend dans l’océan Indien pourrait ne pas atteindre La Réunion par les bombes, mais par les ports, les navires, les prix et les ruptures d’approvisionnement. Les pauvres, la classe la plus nombreuse de notre pays, seront les premières victimes.

M.M.

A la Une de l’actuImpasse du système néocolonial

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus