Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Décentralisation
9 décembre 2008

À La Réunion, la dette de l’Etat envers le Conseil général s’élève à plus de 270 millions d’euros rien que pour les transferts du RMI et de l’APA. Invité à prendre la parole pour faire le bilan de l’action de l’Etat lors de la dernière assemblée plénière du Conseil général, le Préfet n’en a pas parlé. En Guyane, l’Etat reconnaît par écrit qu’il doit de l’argent aux collectivités, et s’engage à « formuler des propositions concrètes et chiffrées pour mettre un terme à cette situation ». Alors pourquoi à La Réunion, l’Etat ne paye-t-il pas ce qu’il doit au Conseil général ?
« L’Etat s’engage par ailleurs à envoyer en Guyane dès le mois de janvier 2009 une mission interministérielle en charge d’évaluer l’ampleur des écarts entre les dotations versées par l’État et les compensations des charges transférées et dont le Conseil général de la Guyane a fait état lors de sa rencontre du 21 octobre 2008 avec le Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer et de formuler des propositions concrètes et chiffrées pour mettre un terme à cette situation ».
Cet engagement est extrait de l’accord signé le 4 décembre à Cayenne par le préfet de la Guyane représentant l’Etat, le président de la Région Guyane, le président du Conseil général de Guyane et l’Association des Maires de Guyane.
Il est extrait de l’accord qui permet aux Guyanais d’obtenir une baisse de 50 centimes sur les prix des carburants. Baisse qui, rappelons-le, est financée pour 30 centimes par les pétroliers et 20 centimes par l’Etat, sur une période de trois mois, le temps que la mission de l’Inspection générale des finances rende ses conclusions.
Onze jours de mobilisation unitaire des Guyanais ont en effet permis des avancées importantes, qui ne concernent pas seulement les clients des stations-service. Les Guyanais ont obtenu de l’Etat un engagement écrit à évaluer l’ampleur de sa dette envers les collectivités locales, et à « formuler des propositions concrètes et chiffrées pour mettre un terme à cette situation ».
Cela montre que quand l’Etat veut payer ses dettes, il peut le faire. À La Réunion, la dette de l’Etat envers le Conseil général plombe les finances de la collectivité et l’oblige à emprunter davantage pour investir, avec tous les surcoûts que cela implique pour les Réunionnais. Alors, qu’attend donc l’Etat pour signer sa reconnaissance de dette et payer ce qu’il doit aux Réunionnais ?
M.M.
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