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Les pauvres souffrent toujours plus
15 janvier 2014

Ce résultat mesure l’efficacité toute relative des annonces contre la vie chère. En un an, les prix dans l’alimentation ont augmenté 4 fois plus vite à La Réunion qu’en France.
L’indice des prix du mois de décembre vient d’être publié, il donne un aperçu de la situation juste avant le cyclone. C’est aussi l’occasion du bilan 2013, force est de constater que malgré les intentions proclamées, les prix continuent d’augmenter plus vite qu’en France, en particulier dans l’alimentation.
Depuis 2012, le ministre chargé de l’Outre-mer dit qu’une des priorités du gouvernement, c’est la lutte contre la vie chère. C’est ainsi qu’une loi créant un bouclier qualité-prix a été adoptée fin 2012. 2013 a donc marqué la première année d’application de ce qui a été vulgarisé sous le nom de "panier Lurel".
En novembre dernier, l’Observatoire des prix a rendu publique un autre instrument de mesure des prix. C’était le chariot-type, lancé par un prédécesseur de Victorin Lurel, Yves Jégo. L’Observatoire des prix et des revenus avait annoncé une hausse de près de 30% en 13 mois du chariot-type moyen. Avec l’alternance, le chariot-type ne bénéficie plus de la même attention. C’était en effet un outil de la communication du gouvernement précédent, et il était alors généralement en légère baisse chaque mois.
Mais il a effet suffi que se relâche la vigilance sur le chariot-type pour qu’aussitôt, tout ce qui avait été péniblement gagné en trois ans soit anéanti en quelques mois.
Plus qu’un coup de semonce, c’était l’irruption dans le débat du rythme infernal de la hausse des prix à La Réunion.
L’annonce de la hausse du chariot-type était officiellement tempérée par la comparaison avec l’indice mensuel des prix à la consommation. Sur la même durée, ce dernier avait augmenté beaucoup moins vite, ce qui sous-entend que pour l’administration c’est donc un outil plus fiable.
Sur cette base, la publication de l’indice des prix de décembre permet donc d’évaluer le résultat des politiques publiques de lutte contre la vie chère pour l’année écoulée.
A La Réunion, les salaires les plus bas sont fixés en fonction de la réalité économique de la France. C’est le cas du SMIC et des minima sociaux. La revalorisation dépend également de la situation de la France, cela s’applique au SMIC, au minimas sociaux et aux retraites.
Pourtant, les prix sont plus élevés à La Réunion. L’Etat reconnaît cette situation puisque c’est la justification invoquée pour la sur-rémunération versée à ses agents.
Autrement dit, mis à part ceux qui bénéficient d’une prime pour couvrir la vie chère, les Réunionnais ont un pouvoir d’achat plus faible qu’en France.
A cela s’ajoute une autre pénalité, c’est une revalorisation qui ne tient pas compte d’une hausse des prix plus importante à La Réunion qu’en France.
A partir de ce constat, et compte tenu des annonces faites depuis plus d’un an, la logique aurait voulu que les prix baissent, ou tout du moins qu’ils augmentent moins vite qu’en France, où la lutte contre la vie chère ne fait pas l’objet d’autant de communications.
L’indice des prix de décembre apporte donc l’évaluation. Sur la moyenne globale, les prix continuent d’augmenter plus vite qu’en France. Mais dans l’alimentation, l’écart est encore plus important. En un an, les prix ont augmenté 4 fois plus vite à La Réunion qu’en France. 1,6% ici, 0,4% là bas.
Or, plus le revenu est faible, plus grande est la part consacrée à l’alimentation. Ce sont donc les plus pauvres qui sont les plus sévèrement sanctionnés.
Ce constat va-t-il encore s’aggraver au mois de janvier ? Après le passage du cyclone, les prix des produits frais ont commencé à flamber. Le pouvoir à l’occasion de se rattraper, va-t-il agir pour stopper l’hémorragie et protéger les pauvres de la hausse des prix ?
M.M.
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Messages
15 janvier 2014, 07:52, par hugo
Quelle lutte contre la vie chère ? C’est un attrape nigaud, les produits n’ont pas arrêté d’augmenter malgré nos efforts...La grande distribution profite pour habituer les consommateurs à des types de produit qui sont augmentés par la suite....Il faut un véritable plan Marshall de bataille contre ces profiteurs...