Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
80 ans après la transformation de ces colonies en départements français
29 janvier, par

Une commission sénatoriale d’enquête sur les inégalités systémiques dans les anciennes colonies intégrées à la République française a officiellement lancé ses travaux le 27 janvier 2026. À l’initiative des communistes, elle devra enfin mettre à nu les mécanismes profonds qui perpétuent retards sociaux, économiques et environnementaux, 80 ans après la transformation de ces colonies en départements français.
C’est un pas attendu, mais longtemps repoussé. Le 27 janvier 2026, la commission sénatoriale d’enquête sur « les inégalités systémiques auxquelles sont confrontées les collectivités ultramarines et leurs habitants » a officiellement lancé ses travaux. Une initiative portée par le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste — Kanaky, dans le cadre du droit de tirage parlementaire. Un droit, mais surtout un devoir démocratique face à des inégalités devenues structurelles.
Alors que se profile le 80e anniversaire de la loi du 19 mars 1946 dite de « départementalisation », le constat est sans appel : les promesses d’égalité républicaine n’ont jamais été tenues. Chômage de masse, vie chère, illettrisme, mal-logement, services publics défaillants, dépendance économique, vulnérabilité climatique… Les retards s’accumulent et se creusent dans l’ensemble des DROM et des COM, au rythme des crises sociales, sanitaires et environnementales.
L’enjeu de cette commission ne sera pas de produire un énième inventaire de constats déjà connus, mais bien d’aller à la racine du problème. Pourquoi, après des décennies de politiques dites de « rattrapage », les écarts persistent-ils ? Manque de moyens ? Politiques publiques mal conçues ? Inadaptation aux réalités locales ? Logiques centralisatrices et héritage colonial jamais réellement déconstruit ? C’est à ces questions que la commission devra répondre, territoire par territoire, sans généralisation ni faux-semblants.
La composition du bureau traduit un équilibre politique et géographique, avec une présidence confiée à Viviane Malet (Les Républicains — La Réunion) et un rapporteur issue du groupe à l’initiative du texte, Evelyne Corbière Naminzo (CRCE-Kanaky — La Réunion). Des vice-présidents représentant l’ensemble des sensibilités politiques et des territoires ultramarins complètent ce dispositif. Reste à voir si cette pluralité saura se traduire par une parole libre et des conclusions courageuses.
Les premières auditions débuteront le 12 février. Elles seront scrutées de près par des populations boncernéesrarement écoutées, et presque jamais entendues. Car derrière les chiffres et les rapports, ce sont des vies entravées, des droits bafoués et des colères légitimes qui s’expriment.
La commission devra rendre ses conclusions avant le 20 juillet 2026. Elle n’aura pas droit à l’erreur. Si ce travail n’aboutit qu’à des recommandations tièdes ou à des ajustements à la marge, ce sera une occasion de plus manquée. L’égalité réelle ne se décrète pas : elle se construit par des ruptures politiques claires, des moyens à la hauteur et une reconnaissance pleine des spécificités ultramarines. Le Sénat est désormais face à ses responsabilités.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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