Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La chef de l’extrême droite se présentera contre le candidat du Front de Gauche
14 mai 2012, par

Pour de nombreux médias, Hénin-Beaumont est une ville considérée comme le fief du Front National alors que le parti d’extrême droite n’y a jamais gagné, et que sa présidente y est conseillère municipale d’opposition. Mais Mme Le Pen est à nouveau candidate dans cette ville-circonscription. Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, a présenté sa candidature aux législatives dans cette circonscription du Pas-de-Calais, afin « d’empêcher la présidente du Front national d’entrer à l’Assemblée nationale et de peser dans le débat national », a indiqué l’Agence France Presse.
« Je viens parce qu’il y a ici une bataille qui a une signification nationale et, j’ose le dire, internationale car nous sommes sous les yeux de tous », a-t-il déclaré à la presse, accompagné de tous les responsables communistes régionaux et notamment du candidat initialement investi par le Front de gauche, Hervé Poly, son suppléant.
Faire front au Front National
Les objectifs du Front de Gauche sont de montrer que « l’extrême droite peut être battue alors qu’elle monte partout en Europe » et que « François Hollande doit maintenir le cap à gauche sous la pression d’un Front de Gauche solide » ont écrit les médias. « Dans toute l’Europe, on a regardé le résultat de l’élection présidentielle française, la victoire que nous avons rendue possible, car il n’y avait pas de défaite de Nicolas Sarkozy, il n’y avait pas de victoire de François Hollande sans les quatre millions de voix disciplinées du Front de Gauche », a expliqué Jean-Luc Mélenchon.
De son côté, la présidente du Front National a ironisé, « ce n’est plus de la rage, c’est de l’amour. Je crois qu’il ne peut plus vivre sans moi », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Perpignan. En réponse, Jean-Luc Mélenchon a déclaré « nous ne sommes pas ici sur les terres de Marine Le Pen. Ce n’est pas son fief politique. Ici, c’est la gauche ». La campagne risque d’être coriace, le Front National s’est implanté dans cette commune où le taux de chômage atteint 15,5% et où les élus socialistes locaux ont été affaiblis par des affaires.
Des soutiens du Parti Socialiste : division en vue
Jean-Luc Mélenchon n’est donc pas certain d’être qualifié pour le second tour des législatives, le 17 juin. Toutefois, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il voulait « une terre de souffrance sociale », une bataille « frontale » contre la droite et l’extrême droite, afin de poursuivre son « match » contre le PS, a expliqué “Le Figaro”. Soutenus par certains ténors du Parti Socialiste, tels que Ségolène Royal et Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon est au cœur d’une division au sein du PS, dans lequel, Martine Aubry et Vincent Paillon sont contre cette candidature médiatique.
La présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, a salué dimanche 13 mai le « combat républicain » de Jean-Luc Mélenchon, sur Europe 1/i-Télé/Le Parisien-Aujourd’hui en France, elle a estimé qu’il avait « raison de faire ça ». « D’ailleurs, il est cohérence avec ce qu’il a dit pendant la campagne présidentielle puisqu’il s’est beaucoup porté en contradicteur de Marine Le Pen, ajoute-t-elle. Je trouve ça très bien d’aller porter le fer sur ce territoire ». De même Benoit Hamon a indiqué que « sa candidature n’est pas illégitime » sur France 3. Le porte-parole du PS, ne désapprouve pas Jean-Luc Mélenchon et sa candidature, « c’est son choix de prolonger ce combat frontal. Nous avons un candidat sur place qui va battre Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon a fait ce choix sans demander qu’on lui fasse une place particulière ».
De son côté, Martine Aubry a expliqué que la circonscription d’Hénin-Beaumont « n’a pas besoin d’un match médiatique. On a besoin d’un élu de terrain, qui habite là, qui connaît les problèmes et qui défend les habitants d’Hénin-Beaumont et de la circonscription », a-t-elle déclaré. Cette dernière a soutenu Philippe Kemel, maire de Carvin, qui est pour elle un « formidable candidat » aux législatives. La maire de Lille a appuyé le conseiller régional, qui « va gagner contre Marine Le Pen, donc on n’a pas besoin de soutien de l’extérieur ». Invité sur Canal +, Vincent Peillon a tenu le même discours, « il ne faut pas que la vie politique se résume à un combat de catch, et à des effets médiatiques ».
Céline Tabou
Encadré
Le Front National n’a jamais été majoritaire à Hénin-Beaumont
Voici les résultats de plusieurs élections au cours des cinq dernières années qui montrent que l’extrême droite est toujours minoritaire malgré la concentration des moyens sur la candidature de sa présidente.
| Élection | Score de l’extrême droite |
| Présidentielle 2012 | 35% au 1er tour |
| Régionales 2010 | 39% au 1er tour, 44% au 2e tour |
| Européennes 2009 | 28% |
| Législatives 2007 | 29% au 1er tour, 44% au 2e tour |
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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