Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Quand le système néocolonial bloque le développement de La Réunion
27 février, par

L’Union africaine et la Banque africaine de développement appellent à supprimer les visas pour libérer l’économie africaine. Pendant ce temps, La Réunion, territoire africain, reste fermée aux Africains par la politique migratoire de la France. Un verrou aux lourdes conséquences économiques et humaines.
À Addis-Abeba ce 26 février, les dirigeants africains ont lancé un nouvel appel clair : l’Afrique doit abolir les visas entre ses peuples. Pour la Banque africaine de développement et l’Union africaine, la libre circulation est une condition indispensable à la transformation économique du continent. Sans mobilité, pas de véritable intégration, pas de développement partagé, pas de souveraineté économique.
Aujourd’hui encore, plus de la moitié des déplacements entre pays africains nécessitent un visa. Ce verrou freine le commerce, bloque les entrepreneurs, limite les investissements et empêche la jeunesse africaine de construire son avenir sur son propre continent. À l’inverse, les pays qui ont ouvert leurs frontières, comme le Ghana, constatent déjà une hausse des investissements, du tourisme et des échanges économiques.
Mais pendant que l’Afrique avance vers la liberté de circulation, La Réunion reste enfermée dans un système hérité de la domination coloniale française.
Située en Afrique, peuplée d’Africains, La Réunion est pourtant soumise aux lois migratoires de la France. Un Africain ne peut pas s’y rendre librement. Il doit obtenir un visa auprès d’un consulat français, souvent à des heures de route de son domicile, au terme d’un parcours humiliant, coûteux et incertain. Ce simple fait constitue une aberration politique et historique.
Cette fermeture a des conséquences concrètes et graves.
Elle isole La Réunion de son environnement naturel. Elle empêche les entrepreneurs africains de venir investir, échanger, créer des emplois. Elle prive l’île d’opportunités économiques majeures au moment où l’Afrique devient l’une des régions les plus dynamiques du monde.
Elle freine aussi le tourisme régional. Pourquoi un voyageur africain choisirait-il La Réunion, où il est suspect par principe, alors que d’autres territoires africains l’accueillent librement ?
Elle bloque également les échanges universitaires, scientifiques et culturels, privant La Réunion de compétences, d’intelligence et de coopération régionale.
Cette situation révèle une réalité politique : La Réunion est maintenue à l’écart de son environnement africain par des décisions prises à Paris, sans tenir compte des intérêts des Réunionnais.
Pendant que l’Afrique construit son unité, La Réunion reste enfermée derrière une frontière invisible.
La question est désormais posée : La Réunion doit-elle rester une frontière de l’Europe en Afrique, ou devenir pleinement un acteur de son espace régional ?
L’avenir économique, culturel et humain de La Réunion dépend de cette réponse.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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