L’agriculture réunionnaise sollicite Madame la Ministre

30 août 2007

La Ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Outre-mer, Michèle Alliot-Marie, arrive aujourd’hui. La Chambre d’Agriculture veut lui faire part des dossiers importants de l’agriculture réunionnaise, en premier lieu la question de la zone franche globale dont ne bénéficie pas la profession.

Eric Soundrom, responsable des Affaires agricoles, tient le point presse. Madame la Ministre devrait rencontrer les agriculteurs demain sur une exploitation saint-pierroise. Elle sera interpellée sur le dossier de la zone franche globale. « Nous militons fortement pour que l’agriculture soit intégrée, dans la mesure où notre secteur d’activité répond aux critères fixés par le Président de la République, à savoir améliorer la compétitivité de l’agriculture réunionnaise si importante pour le maintien de l’équilibre socio-économique de l’île, mais confrontée à des faiblesses récurrentes comme notre insularité, nos handicaps structuraux et un marché régional concurrentiel », explique Eric Soundrom. Et de poursuivre : « Le développement de l’agriculture réunionnaise passe par une diminution des coûts de production, et un volet agricole dans la zone franche globale est indispensable ». Pour autant, la Chambre verte fait ses propositions, qui commencent par l’exonération de la taxe foncière non bâtie qui contraint près de 5.047 exploitations et 45.000 hectares. Le montant de cette taxe est d’ailleurs plus élevé sur nos terres, à hauteur de 75 euros par hectare contre 38 euros dans l’Hexagone.
La Chambre d’Agriculture demande une exonération totale sur les 40 premiers hectares cultivés. Par ailleurs, la Chambre consulaire souhaite la suppression des barrières douanières sur les engrais et les aliments pour bétails, pour diminuer quelque peu les coûts de production. Elle veut également voir exonérer les cotisations de la Retraite complémentaire obligatoire (RCO) et l’ATEXA, Assurance pour les accidents du travail pour les exploitations agricoles. Cette exonération ne concernera que les petites et moyennes exploitations agricoles, c’est-à-dire de moins de 40 hectares pondérés. « Les charges sociales et de fiscalité foncière pèsent sur la compétitivité des entreprises agricoles : elles peuvent représenter jusqu’à 8 à 10% des revenus des exploitants agricoles, pour les plus petits d’entre eux, disposant de moins de surface », précise le responsable des Affaires agricoles à la Chambre verte. Leurs activités sérieusement touchées par Gamède et le prix des intrants augmentant de façon si cursive, les agriculteurs risquent de voir leurs revenus baisser de 30%. L’agriculture, comme tous les secteurs d’activités, ne devrait pas se priver d’un tel dispositif. La Chambre d’Agriculture entend que cette mesure soit appliquée sur une durée minimale de 15 ans.

Au secours de la retraite agricole !

Revalorisons la retraite agricole, aujourd’hui une misère qui avoisine les 370 euros, loin des 552 euros en moyenne pour le régime général. Même pas de quoi payer son loyer. La Chambre verte demande que la solidarité nationale s’exécute pour garantir aux anciens exploitants un niveau de retraite plus décent. 14.000 retraités réunionnais seraient directement concernés par cette augmentation, si du moins le gouvernement se préoccupe de la condition sociale des retraités agricoles. « D’ici 10 ans, plus de 1.000 agriculteurs vont se retrouver à la retraite », prévient de ce pas Eric Soundrom. Chaque année, la pension agricole « baisse de 2%, alors que l’inflation augmente de plus de 2% par an », remarque-t-il. Les agriculteurs préfèrent retarder leur retraite pour subvenir à leurs besoins, ce qui n’est pas sans poser des problèmes pour l’installation des jeunes diplômés aux métiers de l’agriculture. D’autres jouent “an misouk” le jeu de la spéculation boursière, au risque parfois de céder les bonnes terres à l’urbanisation. Le chiffre de 5.000 hectares de terres agricoles a été livré, mais c’est se demander si ce ne sera pas davantage. La Réunion compte aujourd’hui 7.000 agriculteurs qui n’attendent que cela, la valorisation de leur retraite, et dans l’immédiat, la consolidation de leur revenu, aléatoire à souhait.

Bruxelles nous inquiète...

Après quelques remarques incongrues de la Commission européenne de Bruxelles, la Chambre verte se dit inquiète au vu de la remise en cause de nombreux soutiens publics accordés à l’agriculture. L’omerta de l’Etat et du Conseil général dans la rédaction du Fonds européen agricole et de développement rural ne jouera pas non plus en faveur des agriculteurs réunionnais, qui déplorent de n’avoir pas été consultés, alors qu’ils sont les premiers concernés. L’inquiétude est à son comble actuellement, puisque aucune information de Bruxelles n’a été adressée à la Chambre d’Agriculture. Une vingtaine de pages conservent les remarques de la Commission européenne de Bruxelles, et toute la profession agricole réunionnaise s’inquiète.
Pour les producteurs canniers, « la Commission européenne conteste l’éligibilité de la préparation du sol, les amendements de correction de sol, le chaulage, les herbicides et engrais de fonds, les boutures et préparations, le sillonnage et la main d’œuvre. Dans ces conditions, le montant de l’aide à la replantation des cannes risque de passer de 1.200 euros par hectare à moins de 900 euros par hectare. En sachant que les coûts de production ont subi une augmentation de l’ordre de 25% au cours de ces dernières années, le taux réel d’aide pour la replantation des cannes dans ces conditions passerait de 40% à 30%. La Chambre d’Agriculture tient à rappeler que l’ensemble des partenaires de la filière avait fait de la coupe mécanique une priorité face à l’augmentation de la main d’œuvre ; mais faute d’aménagement parcellaire adéquat, il s’agit là d’un vœu pieux surtout pour les petites et les moyennes exploitations », déclare Eric Soundrom. La diversification végétale devra subir les mêmes baisses.
Bruxelles ne veut plus cofinancer l’achat des plants, des semences, l’engrais et les produits phyto, le paillage plastique et le palissage. Veut-on vraiment aider la filière de la diversification végétale ? « On ne peut pas se fixer un objectif d’exportation de 6.000 tonnes de fruits et mettre des freins aux producteurs », s’insurge l’élu de la Chambre verte. Les éleveurs ne rient pas non plus, Bruxelles remet en cause deux plans qui soutenaient les jeunes éleveurs. Peut-on espérer l’augmentation du troupeau réunionnais ? Les Plans de développement laitier (PDL) et développement naisseur (PDN), qui contribuaient à réduire le coût d’élevage d’une génisse et à aider à la création de prairies, sont presque dans les placards européens, classés parmi les aides oubliées. La profession agricole locale à donc toutes les raisons de s’inquiéter. Michèle Alliot-Marie sera sollicitée. Espérons pour l’agriculture réunionnaise qu’elle saura entendre les professionnels réunionnais.

Willy Técher

LODEOM - Loi d’orientation pour le développement de l’Outre-mer

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Messages

  • spéculation foncière et non boursière, vous l’aurez corrigé vous-même.

  • Bonjour cousins du grand sud, découvert avec intérêt votre superbe quotidien.

    Je forme le voeu que vous puissiez faire entendre votre droit à la différence, je dirais presque l’indifférence et que l’on vous permette de travailler en paix sans devoir subir un cyclone de réformes qui détruise tout ce qui a été bati depuis la dernière échéance électorale.

    Amicalement

    Alain Lafon
    78480 Verneuil-sur-Seine

    ps si vous pouviez nous envoyer un epu de chaleur aujourd’hui, ce ne serait pas de refus - 13° à la fin de l’été...

    Voir en ligne : http://www.alainlafon.info

  • moin lé planteur de fraises à Montvert les hauts et mi konpran pas pourquoi le ministre la pas venu voir un planteur qui gagn pas sa vie komkifo , elle la parti voir une exploitation que lé en l’air, sat na poin de problème , lé aidé par dessus aidé
    moin mi achète ma barquette pou mèt les fraises dedans 44 centimes d’euros et hier su le marché de gros de Saint-Pierre, le prix était à 1 euro !!! comment ou veu mi en sort amoin ? i rest 56 centimes et avec sa mi paye l’eau, la main d’oeuvre pou ramasser, mi achète le plan èk matérièl...ou kroi mi fé un bénéfice la dessus ? akoz le ministre i vient voir sak i réussi et pas sak i ral le diab par la queue ?


Témoignages - 82e année


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