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Le PCR pour l’égalité
29 janvier 2015, par

La situation économique et sociale de La Réunion est « plus grave qu’en France hexagonale », a introduit Maurice Gironcel, lors d’une conférence de presse de son parti, le PCR. Alors pourquoi George Pau-Langevin est-elle partie « sans dire un mot des inégalités » à La Réunion ?
Les déclarations de Manuel Valls sur l’« apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays » a touché les secrétaires généraux du PCR, pour qui la situation réunionnaise doit également être prise en compte.
Ainsi, le Premier ministre a expliqué que « lors des Trente Glorieuses, ils ont fait venir des travailleurs venant d’Afrique, pour les accueillir ils ont construit hâtivement en périphérie des banlieues des citées », a précisé Maurice Gironcel. Des citées dépourvues d’aménagement, d’espace de vie, et qui sont « aujourd’hui décriées ». « Dans de telle condition, les générations successives n’ont pas pu s’intégrer ».
En dépit de la contestation sur les mots employés par Manuel Valls, « personne n’a nié l’existence de véritable ghetto, l’intégration des populations a été un échec, pour les premiers arrivants et leurs descendants », a expliqué Maurice Gironcel. Pour ce dernier, le constat est clair : « c’est le résultat de la persistance des inégalités et d’un traitement différentié », dans ce cas « que dire de la société réunionnaise ».
Dès 2013, lors du 8e congrès du Parti Communiste Réunionnais, les 5,6 et juillet à Sainte Suzanne, « le PCR a dénoncé l’apartheid social que subit La Réunion », à travers ses inégalités et ses différences de traitement. À la différence de la France, « ce n’est pas depuis 40 ans, mais depuis 68 ans à La Réunion », lors de la promulgation de la loi du 19 mars 1946.
« Le Premier ministre dit que face à cet apartheid, il veut défendre la citoyenneté à l’intégration, ce qui ne veut plus rien dire parce que les personnes ont la nationalité française », a indiqué ce dernier.
Un paradoxe qui soulève de nombreuses questions à la fois en France, mais à La Réunion, où l’apartheid social est apparu lorsque le gouvernement de 1946 décide l’intégration de l’île. De fait, les lois n’étaient pas mises en vigueur en l’état mais par décret, découlant la plupart du temps à des exceptions, comme les allocations familiales, le FASO (les enfants percevaient la moitié de leur allocation pour la cantine scolaire).
Dès lors, « on a continué à différencier les catégories de travailleurs et de citoyens quel que soit le gouvernement. Depuis 68 ans, on a institutionnalisé les inégalités », à travers divers dispositifs comme la sur-rémunération. La situation « s’est aggravée dans le temps avec la poussée démographique qui fait dire à l’Insee que les inégalités sont les plus grandes de France et que notre département est Hors Norme ».
Dans un tel contexte, « comment en finir avec l’apartheid social à La Réunion ? ». « Ces questions doivent hanter l’esprit des responsables, notamment des politiques réunionnais. Parce que s’ils ne posent pas la question, alors comment peut-on parler librement de société harmonieuse et vanter le vivre ensemble. Il y a une sorte d’hypocrisie qui devient difficilement supportable », a expliqué Maurice Gironcel.
Pour ce dernier, « on a tous le devoir de régler ces problèmes, il y va de la cohésion sociale de notre société. C’est la première étape pour un véritable vivre ensemble, qui ne sera plus un mot mais une réalité face aux problèmes de La Réunion ».
Raison pour lesquelles, le PCR propose quatre mesures principales : lutter contre les monopoles, élargir les sources d’approvisionnement dans la zone indiaocéanique, agir sur les prix, à partir d’un coût identique de la vie pour tous, attribuer une prime de vie chère pour les plus bas revenus. Le PCR appelle au débat, que « les politiques arrêtent de simplement constater la situation mais d’échanger pour trouver des solutions ».
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