La justice passe mal à Saint-André

L’aveu de Jean-Paul Virapoullé

4 octobre 2005

Le sénateur maire reconnaît implicitement que la lutte contre la délinquance en col blanc a été oubliée dans sa commune du fait de l’absence d’un commissariat de police !

Le passage de Nicolas Sarkozy à Saint-André a donné lieu à un véritable numéro de duettistes comiques. "Tu veux un commissariat de police ?" a demandé le ministre. "Oui !" a répondu le maire de Saint-André. "Tu l’auras en 2006 !", a répondu le premier.
On en aurait pu en rester là. Mais Jean-Paul Virapoullé a cru bon d’en rajouter.
Se félicitant de la décision ministérielle, il a tenu à préciser que l’installation d’un commissariat dans sa ville allait permettre de mieux lutter contre la délinquance et plus particulièrement contre la délinquance en col blanc "qu’il ne faut pas oublier", a-t-il dit.
Voilà qui sonne comme un véritable aveu d’impuissance : sans un commissariat de police digne de ce nom, la justice serait totalement impuissante à Saint-André face à la délinquance en col blanc.
De la bouche du sénateur maire de la commune, cela est parole d’orfèvre et disons que c’est en toute connaissance de cause que l’intéressé a parlé. Car, en matière de délinquance en col blanc impunie à Saint-André, Jean-Paul Virapoullé sait de quoi il parle.
SI l’on remonte dans le temps on peut évoquer l’affaire des fausses factures de Réunion-Autos où après avoir fait trafiquer des documents comptables, Virapoullé avait fait payer ses frais de location de voitures pour une campagne électorale par la commune. Dans cette affaire, il a été relaxé.
Il y a toujours publiquement le mystère planant sur le vol du coffre-fort de la mairie. Le maire avait dit connaître qui sont les coupables. Un de ses bras droit, tué le soir d’une élection, a payé de sa vie ce qu’il savait et ce qu’il voulait raconter. Dans le petit monde des nervis saint-andréens beaucoup savent qui sont ceux qui ont fait le coup et avec quelles complicités. Sans doute, Jean-Paul Virapoullé se confiera-t-il en 2006 au nouveau commissaire de police de la ville ?
Il y a encore ce micmac autour de la légine où le clan Virapoullé est accusé d’escroquerie par un armateur japonais. Où en est donc la plainte déposée par celui-ci ?
Ne parlons pas de toutes ces constructions montées sans permis dont bénéficient les proches et amis du maire. À commencer par une ancienne inspectrice des Impôts.
Ne parlons pas de la plainte qu’avait portée avant sa mort, Laurent Vergès pour fausses inscriptions électorales. Le juge qui avait instruit le dossier et qui avait promis d’inculper le maire de Saint-André - devenu depuis avocat - pourrait sans doute donner plus de détails sur la manière avec laquelle il a étouffé cette affaire.
Nous sommes donc effectivement d’accord avec Jean-Paul Virapoullé : en matière de lutte contre la délinquance en col blanc tout est encore à faire à Saint-André.

J. M.


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Témoignages - 82e année


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