Conversation avec Paul Vergès

L’égalité immatérielle moteur du développement durable ?

8 janvier 2009, par Manuel Marchal

Le débat sur l’identité est le fil conducteur de la conversation entre Paul Vergès et Patrick Singaïny. Cet entretien a permis de rappeler la fragilité de la cohésion de la société réunionnaise. Cette fragilité a des causes historiques qu’il est important de dépasser afin que les volontés convergent vers la promotion de l’intérêt général de La Réunion. Cela passe par une réappropriation de notre Histoire et de notre culture si singulières. Après l’égalité sociale, l’égalité immatérielle sera-t-elle le moteur du développement durable ?

"Témoignages" des 3, 5, 6 et 7 janvier 2009 a publié en quatre partie une interview de Paul Vergès par Patrick Singaïny. Cet entretien amène à plusieurs commentaires. Le premier porte sur le contexte de cette conversation.
Patrick Singaïny est un Réunionnais qui vit en Martinique. Il vit pleinement sa mobilité en s’intégrant dans la société antillaise. Lors d’un retour dans son île natale, il rencontre le président de la Région et créé l’échange avec Paul Vergès. Il ouvre le débat sur l’avenir de nos territoires.
Cela montre que quelque soit l’endroit où il se trouve, un Réunionnais est utile à son pays et contribue à faire avancer le monde.

Les Réunionnais partout dans le monde

En interrogeant Paul Vergès, Patrick Singaïny interroge le dirigeant politique réunionnais et l’éclaireur de conscience. Quand on lit les questions qu’il pose au président de la Région, chacun voit tout de suite le niveau de préoccupation de cette personne.
Ceci démontre l’efficacité de la politique de mobilité développée par le Conseil régional. Patrick Singaïny est un exemple de ce que les Réunionnais peuvent apporter au monde. Aujourd’hui, les Réunionnais sont capables de se fixer dans de nombreux pays du monde, de s’intégrer à des cultures différentes et de contribuer au développement de leur pays d’accueil. Dans le même temps, ils restent des Réunionnais, dynamiques ambassadeurs d’une île à l’Histoire si singulière.
Cette année, l’ouverture d’une ligne aérienne entre La Réunion et Sydney, et sa prolongation vers Nouméa, va encore amplifier ce dynamisme d’une mobilité qui n’a plus rien à voir avec l’émigration du temps du BUMIDOM.

Renforcer la cohésion de la société

Le deuxième commentaire porte sur le contenu de l’interview. Il pose le débat récurrent sur l’identité. Il arrive à montrer comment l’identité fait progresser la prise de conscience. Car cette identité s’inscrit dans une nouvelle bataille, celle de l’égalité immatérielle.
Au cours de la conversation, Paul Vergès rappelle les étapes qui ont permis aux Réunionnais d’arriver à l’égalité matérielle, inscrite dans la loi du 19 mars 1946. Après plusieurs décennies de luttes, cette égalité est quasiment obtenue, mais restent à régler des problèmes structurels tels que le chômage, le manque de logement, la dépendance aux énergies fossiles, la pollution, la vie chère ou l’illettrisme. Ces défis restent à relever alors que La Réunion va connaître une croissance démographique importante, et sera confrontée à l’impact des changements climatiques et de la mondialisation. C’est dans ce cadre que s’inscrit la bataille pour aller vers le développement durable de La Réunion.
Pour gagner ce combat, une condition essentielle est le renforcement de la cohésion de la société réunionnaise. Et dans ce domaine, tout est à construire. Des perspectives nouvelles s’ouvrent, notamment l’appropriation de notre Histoire et de notre culture si singulières. Cela peut créer une nouvelle dynamique pour faire avancer l’intérêt général du pays.
Après l’égalité sociale, l’égalité immatérielle sera-t-elle le moteur du développement durable.

Manuel Marchal

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