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3 mars 2022, par

Une étude de l’INSEE rappelle comment le système dominant à La Réunion traite la jeunesse : il lui donne le choix entre le chômage ou l’exil. Où est le développement ?
INSEE Flash 218 du 29 décembre 2021 fait le point sur la démographie de La Réunion. Voici un extrait :
« Au 1ᵉʳ janvier 2019, 861 200 habitants vivent à La Réunion, soit 1,3 % de la population française. L’île se classe au 25e rang des départements français les plus peuplés. De 2013 à 2019, la population augmente de 26 100 personnes, soit 4 400 habitants de plus en moyenne par an. »
« À La Réunion, le solde naturel porte la croissance démographique, même s’il se tasse depuis quelques années sous l’effet du vieillissement de la population. L’excédent des naissances sur les décès conduit à une hausse de la population de 9 200 habitants par an en moyenne entre 2013 et 2019 (+ 1,1 % par an). La contribution du solde naturel à la croissance de la population de chacune des microrégions est assez semblable.
Par ailleurs, les départs de La Réunion, plus nombreux que les arrivées sur la période récente, ralentissent aussi la croissance de la population. Ces départs concernent principalement des jeunes qui vont poursuivre leurs études en métropole. »
Ceci signifie qu’entre 2013 et 2019, 5000 personnes ont quitté La Réunion chaque année, dont principalement des jeunes. Le motif principal est la poursuite d’études, mais combien sont-ils à revenir ? Une fois en France, il est beaucoup plus facile pour eux de trouver un travail, qui plus est correspondant à leur niveau de formation.
Rappelons qu’à La Réunion, plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. C’est la conséquence d’un système qui n’a pas pour but de développer La Réunion, sinon la situation serait toute autre.
Ce mouvement migratoire est la conséquence d’une politique commencée à la fin des années 1950. Au lieu d’accompagner le développement du pays, Paris a choisi d’utiliser la jeunesse réunionnaise comme une main d’oeuvre immigrée pour occuper de nombreux emplois difficiles et mal payés qui ne trouvaient preneurs à une époque où la France connaissait le plein emploi. Le BUMIDOM avait pour mission de planifier cette émigration.
Malgré la crise économique en France depuis les années 1970, ce mouvement s’est poursuivi. Officiellement, il est question de « mobilité ». En Guadeloupe et en Martinique, la conséquence de cette politique est un vieillissement accéléré. Ces deux pays continuent de subir chaque année une diminution de leur population. A La Réunion, une résistance plus forte au BUMIDOM a permis d’atténuer ce phénomène.
Cette étude de l’INSEE rappelle comment le système dominant à La Réunion traite la jeunesse : il lui donne le choix entre le chômage ou l’exil. Où est le développement ?
M.M.
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