Du début du reboisement du Port en 1971 à la route des Tamarins

L’environnement inséparable du plan réunionnais de développement durable

10 juin 2009, par Manuel Marchal

En Europe, l’élection passée, les regards vont se fixer vers l’horizon du Sommet de Copenhague, qui établira les nouvelles règles de lutte contre les effets du changement climatique. À La Réunion, cette réflexion est déjà bien avancée. Elle s’inscrit dans la recherche d’une solution globale. Cela explique pourquoi l’environnement est une question qui est intégrée depuis longtemps dans les programmes du PCR et de l’Alliance.

En 1971, plusieurs communes changent de direction politique. Au Port, Paul Vergès est élu maire et une de ses premières décisions est la construction d’une pépinière. L’objectif est de transformer la ville aride du Port en une ville boisée. Cet objectif s’inscrit dans un programme plus global de développement, au sein duquel l’environnement est une question inséparable du social, du culturel et de l’économie.
Avec l’arrivée à la présidence de la Région de Paul Vergès, et les lois de décentralisation, il est possible alors à la collectivité de mener une politique ambitieuse sur le plan énergétique, qui s’inscrit dans un plan global de développement. C’est le mot d’ordre d’autonomie énergétique pour 2025. Il donne des résultats concrets que tous les Réunionnais peuvent observer, notamment sur les toits des maisons avec les chauffe-eau solaires.
Ce programme de développement durable est validé par différentes instances internationales. C’est par exemple le cas de la Commission de l’océan Indien qui fait de l’autonomie énergétique une de ses priorités, sur la base de l’expérience réunionnaise. Il a été également validé lors de la conférence internationale sur le changement climatique et la biodiversité.

L’exemple de la route des Tamarins

Ceci a permis à La Réunion de se positionner résolument en pointe dans les expérimentations liées à la construction de la société du développement durable.
Et quand le gouvernement lance le Grenelle de l’Environnement, son représentant, Jean-Louis Borloo, constate que « La Réunion a un siècle d’avance ». De la même manière, lorsque l’Europe vote un paquet climat préconisant une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre pour 2020, et la couverture d’ici la même date de 20% de la consommation énergétique par des énergies renouvelables, cela ne fait que renforcer le projet réunionnais qui dépasse largement ces objectifs.
Dans moins de deux semaines, les Réunionnais vont encore apporter au monde une proposition de solution globale pour un problème complexe : c’est la route des Tamarins.
À la différence de l’actuelle route du littoral imaginée à Paris et imposée aux Réunionnais, elle n’est pas qu’un moyen d’aller rapidement d’un point A à un point B. La réflexion réunionnaise a amené à construire une route qui oriente l’aménagement du territoire de la région la plus peuplée du pays, comprise entre Le Port et Saint-Pierre. Sa construction est aussi un moyen d’aller bien au-delà des replantations qui doivent reconstituer le couvert végétal d’avant les travaux. L’objectif est de redonner à l’Ouest de l’île les essences qui peuplaient ses pentes avant les défrichages provoqués par la colonisation du pays.

Une démarche lancée en 1959

De plus, la route des Tamarins constituera une vaste zone de production d’énergie. Elle sera couverte de panneaux photovoltaïques pour produire l’énergie nécessaire au fonctionnement des voitures électriques qui remplaceront peu à peu le parc automobile actuel.
Ce projet n’est pas venu de Paris, il est réunionnais. Et quand en 1959, le PCR est créé pour dire notamment « nous avons le droit d’avoir une pensée autonome », le résultat est un plan de développement durable qui suscite une large adhésion.
Le vote des élections européennes vient confirmer la démarche lancée voici 50 ans. Le Réunionnais montre qu’il est capable de prendre sa part dans le règlement des problèmes du monde afin de contribuer à la recherche d’une solution dans les délais les plus courts. Et si l’Alliance reste la première force politique de La Réunion, cela signifie aussi que le développement ne se fera pas si les Réunionnais s’en remettent à des partis extérieurs, mais dans le cadre d’un partenariat.

Manuel Marchal

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