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Baisse du nombre d’emplois subventionnés par l’argent de l’État dans les communes
6 mai, par

La baisse des contrats aidés décidée par l’État fragilise les communes réunionnaises, dont les services reposent sur ces emplois précaires et mal payés subventionnés par l’argent de la France. Héritage d’un système colonial, ce modèle a entretenu dépendance et clientélisme. Avec seulement 800 contrats pour 24 communes, c’est tout un équilibre qui s’effondre, révélant l’urgence de créer des emplois durables et de repenser le développement par la responsabilité des Réunionnais
La réalité commence à rattraper un système à bout de souffle. À La Réunion, les communes, piliers du quotidien de la population, se retrouvent aujourd’hui fragilisées par une décision venue de Paris : la réduction drastique des financements des emplois aidés. Derrière cette annonce, c’est tout un modèle social, politique et historique qui vacille.
« Compte tenu de la baisse des transferts publics, suite au déficit budgétaire de la France, il est probable que ces élections municipales signent un tournant historique de l’argent facile », écrivait le PCR dans un communiqué le 22 mars suite au second tour des élections municipales.
Quelques semaines plus tard, les faits donnent raison au PCR. L’État, confronté à ses propres difficultés budgétaires, ferme progressivement le robinet des subventions. Résultat : des communes, déjà exsangues, se retrouvent face à une équation impossible.
Hier encore, tous les maires étaient réunis à Saint-Denis autour du préfet. L’inquiétude était palpable. Leur principale question : combien d’emplois aidés seront attribués ? La réponse est tombée : 4000 contrats PEC pour toute La Réunion, dont seulement 800 pour les 24 communes. Une chute vertigineuse. Certains élus ont quitté la réunion pour montrer leur déception.
Mais au-delà de la grogne des maires, c’est une réalité structurelle qui éclate au grand jour : le fonctionnement même des services publics locaux repose sur ces emplois précaires et sous-payés subventionnés par l’argent de la France. Dans les écoles notamment, ces travailleurs assurent des missions essentielles. Sans eux, c’est la continuité du service public qui est menacée.
A La Réunion, les Mairies sont des institutions créées à l’époque de l’esclavage. Les communes étaient des regroupements de plantations que la France avait données à des esclavagistes. Durant cette période, le maire était celui qui avait le plus d’esclaves dans ce territoire. Après l’abolition de l’esclavage, le maire était celui qui avait le patrimoine le plus important de la commune ou un de ses obligés. En France, la Révolution a aboli les privilèges avant de créer les communes, ce ne fut pas le cas à La Réunion, où la classe dominante poussa à faire sécession de la France pour maintenir l’esclavage et les privilèges. L’abolition de la colonie en 1946 ne s’est pas accompagnée de la réforme administrative remplaçant les institutions héritées de l’esclavage par d’autres. Cet héritage de l’esclavage continue de peser dans les mentalités : dans des communes, la Mairie est le premier employeur. Ce fait est une conséquence du sous-développement de La Réunion causé par la départementalisation qui implanta un système néocolonial qui détruisit l’économie productive réunionnaise, c’est l’origine du chômage de masse à La Réunion qui persiste depuis 50 ans.
La question du droit à l’emploi et donc de la lutte contre le chômage relève de l’État. A La Réunion, la France a sollicité les Mairies pour qu’elles participent au traitement social du chômage. En échange d’une assistance financière de la France, les maires s’engageaient à embaucher des chômeurs de manière temporaire afin d’acheter la paix sociale dont Paris a besoin pour le maintien des intérêts économiques et militaires français à La Réunion… les emplois-aidés étaient nés. Leur attribution fut d’abord utilisée pour punir ceux qui avaient choisi d’élire des communistes : leurs communes ne bénéficiaient plus des « quinzaines de chômage »
Au fil des années, ce dispositif s’est transformé en machine à fabriquer de la dépendance. Les emplois aidés sont devenus un outil politique. Promesses d’embauche en période électorale, pressions, favoritisme : les dérives sont nombreuses.
Les contrats aidés sont devenus une illustration de la corruption qui gangrène notre société. A la veille d’élections municipales, des candidats maires ont embauché massivement des travailleurs en emplois aidés pour acheter le vote de familles entières ce qui aboutit à l’annulation d’« élections » dont celle de Jean-Paul Virapoullé à Saint-André. D’un autre côté, des candidats peu scrupuleux ont multiplié les promesses d’emplois aidés en cas de conquête du pouvoir. Cet édifice de corruption s’écroule suite à l’annonce du représentant de l’État : 800 contrats subventionnés pour 24 communes, alors que ce nombre correspondait voici quelques années au quota d’une seule commune. Les emplois et les revenus promis disparaissent laissant de nouveaux élus incapables de tenir leurs promesses face à la colère d’une population prise au piège de la corruption.
Si Paris voulait fragiliser les communes à La Réunion, dont aucune n’est dirigée par un partisan déclaré du gouvernement, il ne s’y prendrait pas autrement…
Face à cette impasse, des alternatives existent. Le PCR propose depuis longtemps une transformation radicale du système. L’idée est simple : utiliser les fonds des emplois aidés et du RSA pour créer de véritables emplois durables, décidés localement dans la transparence.
Une gestion réunionnaise, transparente, impliquant les chômeurs, les syndicats, les associations et les collectivités. Des secteurs comme l’environnement ou l’aide à la personne pourraient absorber massivement de la main-d’œuvre, avec des perspectives de pérennisation.
Ce choix implique une rupture : sortir de la logique d’assistance pour aller vers le développement. Responsabiliser les Réunionnais. Anticiper le désengagement de l’État.
Car une chose est sûre : la période de « l’argent facile » touche à sa fin. Et avec elle, un système hérité de l’esclavage, maintenu par des décennies de politiques néocoloniales.
La question est désormais posée : continuer à subir, ou construire un autre modèle
M.M.
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Messages
6 mai, 19:26, par Arthur
Constat révélateur que jusqu’ici, les choses changent, il faudra en tenir compte et encourager les jeunes encore plus désormais, de poursuivre leurs études, puis s’il hélas il n’y a pas de travail ici, malgré tout ce qui est nécessaire et urgent même, je pense au tri sérieux des déchets qui s’accumulent, l’ile devient l’ile aux plastiques, comme les autres, Mayotte, Madagascar entres autres ainsi que le projet du retour du train, pour les humains, les animaux et les marchandises, électrique qui reliera les communes de Ste Rose à St Joseph, voilà ce qui apportera de l’optimisme aux jeunes volontaires au travail, sinon, partir, là où on les attend. Je trouve plus digne de partir pour s’en sortir, fonder une famille, voir le monde plutôt que de rester ici, à tourner en rond, sans perspective, au soleil, cool, c’est possible, superficiel, mais c’est pas sérieux, courageux on peut dire même. Juste alors bon pour consommer, suivre la mode, sans souci, ni question, bref, rien de positif à long terme. Une expression que l’on emploie pas vraiment ici, l’avenir, comme s’il était déjà garanti, un leure. Arthur.