Aides de la France et de l’Europe : la fin de l’abondance pour La Réunion ?

L’heure du réveil a sonné

20 octobre 2025, par Manuel Marchal

Le projet de budget présenté par le nouveau gouvernement marque un tournant pour notre pays. Parmi les mesures annoncées, la baisse de plus de 700 millions d’euros des aides aux entreprises installées dans les anciennes colonies intégrées à la République a provoqué une onde de choc. À La Réunion, où l’économie reste largement dépendante des transferts financiers venus de Paris et de Bruxelles, cette décision résonne comme un nouveau coup de massue. Face à l’austérité imposée par ses bailleurs de fonds, La Réunion ne peut plus se contenter de subir. Il s’agit désormais d’affirmer un projet de développement, capable de rompre avec le système néocolonial qui, depuis des décennies, enferme notre île dans la dépendance. L’heure du réveil a sonné.

Aides de la France aux entreprises en baisse annoncée : les patrons locaux, déjà confrontés à la fragilité du tissu productif et au coût élevé de la vie, redoutent un effondrement de secteurs entiers. Derrière les discours sur la « rationalisation des dépenses publiques », se cache une politique d’austérité à sens unique : faire payer la population pour combler les déficits creusés par les cadeaux fiscaux aux plus riches et les subventions massives aux grandes entreprises françaises.

Menace de hausse du chômage

Comme si cela ne suffisait pas, la réforme annoncée des aides européennes menace les deux piliers du financement de l’économie réunionnaise : le POSEI, vital pour l’agriculture, et le FEDER, indispensable aux investissements publics et aux grands chantiers. Une baisse ou une redéfinition de ces programmes entraînerait un effet domino dévastateur : projets gelés, chantiers annulés, hausse du chômage. Car les collectivités locales, étranglées par la baisse des dotations, ne disposent d’aucune marge de manœuvre.

Ce durcissement budgétaire révèle une fois encore la dépendance structurelle dans laquelle La Réunion est maintenue depuis des décennies. La stratégie économique imposée par Paris et Bruxelles repose sur la logique du sous-développement organisé : dépendance aux importations, domination des grandes enseignes extérieures, marginalisation de la production locale. Dans ce modèle, chaque baisse d’aide devient une crise sociale.

Pendant que les milliards s’accumulent pour financer la course aux armements et les interventions militaires extérieures, les Réunionnais voient se réduire les moyens nécessaires pour construire un avenir digne : emploi, formation, transition écologique, souveraineté alimentaire. Le gouvernement choisit la régression sociale plutôt que la solidarité nationale.

L’urgence du plan de développement réunionnais

Cette situation appelle une réponse politique claire et collective. Il est temps de sortir du réflexe de dépendance et d’exiger la mise en œuvre d’un plan de développement réunionnais, pensé et décidé ici, avec et pour le peuple réunionnais. Un plan fondé sur la valorisation des ressources locales, la relocalisation de la production, la souveraineté énergétique et alimentaire.

Face à l’austérité imposée par ses bailleurs de fonds, La Réunion ne peut plus se contenter de subir. Il s’agit désormais d’affirmer un projet de développement, capable de rompre avec le système néocolonial qui, depuis des décennies, enferme notre île dans la dépendance. L’heure du réveil a sonné.

M.M.

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