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Volet social de la future loi-programme
5 octobre 2007, par

Hier soir, à la Villa du Département, en présence de représentants du monde économique, culturel et religieux, Christian Estrosi a évoqué le volet social de la loi-programme pour l’Outre-mer ainsi que la place de La Réunion dans le projet présidentiel. « Créer les conditions d’un développement local » et, sur le plan du co-développement, « faire confiance » et « responsabiliser » sont des idées mises en avant par le secrétaire d’État à l’Outre-mer dans le cadre du projet présidentiel.
Christian Estrosi a souligné sa volonté de « faire avancer ensemble le pacte présidentiel » dans lequel s’inscrit pleinement le « nouveau contrat social » proposé par Nassimah Dindar. Le secrétaire d’État à l’Outre-mer rappelle son expérience de président du Conseil général des Alpes maritimes, une collectivité chargée de l’Action sociale. Il insiste particulièrement sur l’importance du social dans la politique : « aucun Réunionnais ne peut se complaire dans une situation qu’il n’a pas voulu ». C’est un engagement pour « l’égalité des chances » qui ne doit pas être comprise comme de l’assistanat, comme l’achat de la paix sociale : « nous devons veiller à ce que chacun retrouve sa dignité par le travail ».
Le projet de loi-programme intègre cette dimension, souligne Christian Estrosi. Les énergies doivent être mobilisées pour « créer les conditions d’un véritable développement local et d’un emploi durable qui donne de véritables perspectives aux jeunes ».
Concertation élargie
Le secrétaire d’État évoque l’articulation entre la loi-programme actuellement en vigueur et la prochaine. « Le dispositif actuel agit sur les coûts d’investissement, le prochain sur les coûts de fonctionnement » dans des secteurs ciblés par les Zones franches globales d’activités (ZFGA). Et de souligner que toutes les dispositions fiscales pour favoriser l’investissement de la loi dite "Girardin" seront maintenues.
Ce projet, le gouvernement compte le mener dans une concertation élargie aux syndicats, et plus largement à tous les acteurs impliqués dans le développement économique et social ainsi qu’à tous les élus.
Cette concertation vise à aboutir à établir les mesures les plus adaptées à chaque territoire. En ce sens, cette démarche constitue une rupture avec tout ce qu’ont fait les « gouvernements de gauche et de droite qui se sont succédé », « enfermés dans une pensée unique » considérant l’Outre-mer comme un ensemble unique, ce qui niait la réalité géographique, historique et culturelle.
Confiance et responsabilité
« Le devoir de l’État est de mettre à votre disposition les outils les plus adaptés » pour favoriser innovation et créativité.
« La Réunion a déjà une vision stratégique », a-t-il martelé, « c’est cette Réunion ouverte et volontaire que l’État veut accompagner ». Les avancées obtenues dans les énergies renouvelables et les perspectives tracent la voie à une île produisant 100% de son énergie.
Le co-développement tient une place importante dans cette vision stratégique, comme en témoigne le secrétaire d’État, qui affirme que La Réunion doit être un interlocuteur direct auprès des autres pays de la région. « Vous représentez la France et l’Europe, nous devons vous faire confiance et vous responsabiliser ». Et de conclure en soulignant que « La Réunion a une part considérable à prendre dans les défis de la France ».
Manuel Marchal
Relancer le logement social
« La dignité passe par un logement décent ». Le logement a une place importante dans le volet social de la future loi-programme. Christian Estrosi veut mobiliser des mesures « du foncier à la livraison de logements à ceux qui en ont le plus besoin ». Et pour cela, le gouvernement veut aller très loin dans le partenariat avec les acteurs du BTP. Tout comme l’accession à la propriété : entre payer un loyer pour un logement social et verser une échéance pour être propriétaire, cela mérite débat.
Pour la relance du logement social, le secrétaire d’État veut une réorientation de la défiscalisation au profit des logements sociaux et très sociaux. Il souligne également une hausse de 25 millions d’euros de la LBU.
Nassimah Dindar
Pour un « nouveau contrat social »
Nassimah Dindar, Présidente du Conseil général, propose au gouvernement un nouveau contrat social. Un pacte gagnant-gagnant impliquant les acteurs économiques.
Au cours de son intervention, la présidente du Conseil général a abordé plusieurs propositions. Elle a notamment demandé d’expérimenter à La Réunion le Contrat unique d’insertion et le Revenu de solidarité active (RSA).
La dignité, c’est aussi un logement décent, poursuit-elle. Elle annonce que le Département veut poursuivre ses efforts aux côtés de l’État dans ce domaine, tout en appelant à une réorientation de la défiscalisation au profit des logements sociaux. Elle estime que les exonérations fiscales ne doivent pas aboutir à priver les Réunionnais de leur terre.
La présidente du Conseil général affirme également l’importance d’augmenter l’allocation logement pour les salariés.
Par ailleurs, Nassimah Dindar a mis en avant la nécessité de l’inscription de l’exonération de la taxe sur le foncier non-bâti pour les exploitations agricoles dans le cadre de la nouvelle loi-programme.
Elle insiste sur l’importance de l’environnement dans un contexte insulaire, en particulier la valorisation des déchets et l’assainissement.
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