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4 juin, parNos peines
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5 janvier 2011, par

Le 8 juin dernier, jugé pour atteinte sexuelle, un fonctionnaire nommé à La Réunion justifie son attitude en tenant ces propos : « je suis blanc et, de toute façon, ici c’est des nègres et toutes des putes, et c’est comme cela qu’il faut faire ». Sept mois plus tard, toujours pas de sanction.
En ce début de mois de juin, un enseignant est jugé en correctionnelle pour des faits d’agression sexuelle à l’encontre de jeunes Réunionnaises. Pour expliquer son acte, le fonctionnaire muté à La Réunion allait utiliser l’argumentation suivante : « je suis blanc et, de toute façon, ici c’est des nègres et toutes des putes, et c’est comme cela qu’il faut faire ». Cette insulte raciste lancée contre le peuple réunionnais suscite aussitôt une vague de protestations. La mobilisation est telle que des Réunionnais se rassemblent pour créer le collectif "Non au racisme, respèkt a nou" présidé par Sylvie Mouniata. Quant aux élus de la Région et du Département, ils ont adopté une position commune demandant la révocation de cet enseignant. Au Parlement, Huguette Bello et Gélita Hoarau ont interpellé le gouvernement pour qu’il prenne des mesures afin que cette personne ne puisse plus être en contact avec des jeunes.
Malheureusement, le comportement de ce fonctionnaire, Serge Copy, n’est pas un acte isolé. Quelques semaines plus tard, le "JIR" rapporte les propos d’un proviseur à qui des parents avaient demandé que leurs enfants puissent avoir droit à des cours de créole : « vous n’enseignerez jamais cette merde chez moi ».
Cette banalisation du mépris du peuple réunionnais ne concerne pas seulement les fonctionnaires de passage. Ainsi, la présidente de l’Ile de La Réunion Tourisme n’avait pas hésité à dire que le créole est une langue "KK". De tels propos n’ont pas été un obstacle à la promotion de son auteur, car aujourd’hui, Jacqueline Farreyrol, présidente de l’IRT, est même montée en grade : à l’initiative de Didier Robert et du gouvernement UMP, elle est députée de La Réunion.
Tout cet enchaînement de faits déplorable rappelle combien la concrétisation du projet de Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise est nécessaire pour notre peuple ainsi que pour ceux qui décident de venir passer quelques années dans notre pays. Car de tels propos montrent manifestement la persistance de séquelles issues de la colonisation. Or, pour en finir avec ces séquelles, la MCUR propose de montrer au monde l’égalité des cultures, ce qui en fait un instrument de lutte contre le racisme.
Cette vague de protestation contre l’agression raciste proférée par le fonctionnaire à l’encontre du peuple réunionnais a obligé le gouvernement à réagir. Au moment des faits, le ministre de l’Éducation nationale était aussi le porte-parole du gouvernement. Il a promis une sanction du professeur raciste.
Mais lors du passage de ce dernier en commission paritaire, la révocation a été refusée. La seule sanction proposée est un retour en France, assorti d’une suspension de salaire. C’est désormais au ministre de l’Éducation nationale de prendre la décision finale. L’insulte faite au peuple réunionnais sera-t-elle réparée ? Sept mois après les faits, aucune sanction n’a été prise.
M.M.
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