2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès, témoignage de Houssen Amode

L’ONF au Port, il fallait le faire !

12 septembre

La fin du récit de Houssen Amode est un peu rapide, compte tenu du temps qui lui était imparti. Il y avait encore beaucoup à dire et partager, notamment les relations de Paul Vergès avec l’international. Sur ce sujet, nous aurons bientôt l’occasion d’y revenir à partir d’une intervention qu’il a eue à Port-Louis, l’an dernier, dans le cadre du centenaire de Paul Vergès. Mais ne boudons pas notre plaisir d’apprendre que Paul Vergès a convaincu l’Office Nationale des Forêts (ONF) de s’installer au Port. C’est la seule commune où il n’y a jamais eu de forêt ! Le Port est construit dans le cône de déjection de la Rivière des Galets. Il n’y a pas de mangrove. Ary

Le parc boisé du Port (photo A.D.)

« Alors que sa présence ne s’imposait aucunement au Port, commune en totalité urbaine, Monsieur Vergès a effectué un véritable tour de force en réussissant à y installer l’ONF sur la base d’une convention spécifique.
Cette administration de l’Etat n’avait en effet aucune utilité, voire légitimité, à s’installer au Port.
L’idée de Monsieur Vergès, que l’on pourrait considérer comme géniale a été appréciée et partagée avec complicité par le Directeur régional de l’ONF de l’époque (Monsieur Pierre de Montagnac qui avait auparavant joué un rôle primordial dans la création du parc national de Guadeloupe) c’était de faire appel à la dimension et aux compétences de cette institution, découlant de son statut spécifique d’EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial)
La convention ainsi signée, moyennant rémunération, visait à installer à demeure au Port une équipe d’ingénierie et de cadres de l’office pour établir un programme de plantation adaptée (notamment des essences comme le bois noir, le tamarin de l’Inde qui enrichissent le sol), concevoir les projets, suivre leur fonctionnement et pour diriger et accompagner sur le terrain les équipes municipales.
Pour s’assurer au quotidien et durablement de cette présence la Ville avait même fiancé deux villas pour leur servir de bureaux et d’hébergement du personnel.
Mon propos ne serait pas complet si je faisais abstraction de ses autres orientations stratégiques comme en matière de politique de l’eau, indispensable pour ses projets :
Amélioration de la production des sources Blanche et Denise (il y a de l’Edena dans le réseau de distribution publique d’eau potable de la ville et d’avitaillement des bateaux très apprécié de tout temps par les équipages) — réalisation de nouveaux forages et construction de citernes — protection de la nappe phréatique avec une mission de contrôle de la situation en permanence à laquelle je m’acquittais grâce à un réseau de piézomètres et ce sous sa vigilance.
Pour conclure
Nous savons tous quels ont été ensuite les prolongements dans sa démarche pour le climat. Les personnalités de tout bord qui venaient à sa rencontre ne pouvaient échapper a au moins deux de ses préoccupations : La démographie et le réchauffement climatique.
A la Région cette dernière dimension a été au cœur de tous ses projets et initiatives :
. Production de plants pour les grands projets d’infrastructures et notamment avec l’appui des pépiniéristes pour la route des tamarins.
. Participation active à la création du Parc National des Hauts en 2007
. Coopération avec l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) qui avait été invitée à La Réunion
. Coopération étroite également avec le GIEC (Groupe d’Experts International sur l’Evolution du Climat)
Bien entendu il y a aussi sa nomination par le Gouvernement français à la présidence de l’ONERC (Observatoire National sur les Effets Climatiques) dès le début en 2002 alors qu’il était sénateur. A ce titre il est intervenu au Sommet de Copenhague en 2009. Sa présidence d’une quinzaine d’années a pris fin à son décès en 2016. »

(Fin)

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