Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Le gouvernement impose sa loi
26 juillet 2004

Le gouvernement a donc imposé sa loi sur la décentralisation. Ni les analyses chiffrées des associations d’élus, ni les mises en garde d’élus de proximité - y compris ceux de son propre camp - n’auront infléchi sa décision. C’est “sa” décentralisation qu’il va mettre en place.
À La Réunion, les prises de positions ont été nombreuses : l’intersyndicale, les élus du Conseil régional, certains parlementaires. Le Conseil général, lui, aussi s’est lancé dans la bataille. Nassimah Dindar tenait hier hier, avec des conseillers généraux, une conférence de presse dans laquelle elle expliquait qu’elle allait, à nouveau, tout faire pour infléchir la position du gouvernement. Elle en appelait à Jean-Pierre Raffarin et à Jacques Chirac, essentiellement sur la question du transfert des TOS, du refus réunionnais - et domien - de ce transfert.
Seulement voilà : le texte du gouvernement sur le projet de loi sur les responsabilités locales est fort clair. Un exemple - parmi d’autres, sur lesquels nous reviendrons ultérieurement - est la position sur l’article 128, celui qui liait le transfert des TOS au fait que le taux d’encadrement de l’outre-mer atteigne la moyenne française.
Le gouvernement a purement et simplement annulé cet article, en déposant un amendement de suppression à celui-ci. C’est fini, maintenant, pour les TOS comme pour d’autres personnels. C’en est fini de l’idée de voir cette décentralisation-là prendre en compte les défis démographiques, les retards structurels, le contexte économique et géographique de l’Outre-mer. Mais c’est le début d’un casse-tête financier immense pour les collectivités locales ; c’est la porte ouverte à la privatisation de certains services. Par exemple, la restauration scolaire.
À moins que... la motion de censure passe mardi. C’est la dernière occasion pour tous les député(e)s de prendre position. D’exprimer leur avis, de traduire les craintes de leur population, de faire part au gouvernement des mécontentements de leurs administrés.
C’est l’heure de vérité. Tous ces députés UMP, y compris les trois députés réunionnais de la majorité présidentielle, Messieurs Audifax, Thien Ah Koon et Victoria, devront choisir. Voter la motion de censure, ou ne pas la voter. S’ils la votaient, cela voudrait dire qu’ils ont entendu les messages des Réunionnaises et des Réunionnais, qu’ils tiennent leur engagement de mars 2004, d’être "vigilants", d’être même critiques vis à vis du gouvernement quand celui-ci “dérape”.
S’ils ne la votaient pas, cela voudrait dire qu’ils sont dans une logique de parti, et que celui-ci passe avant les intérêts des Réunionnais, avant l’intérêt général des collectivités : conseils régionaux, généraux, structures intercommunales, communes... En ne votant pas la motion de censure, c’est leur bénédiction qu’ils donneront au gouvernement. Un nouveau blanc-seing qui, après celui sur les retraites, sur l’assurance maladie - pour n’évoquer qu’eux -, plombent de façon catastrophique le développement de l’Outre-mer et de La Réunion.
D. B.
Nos peines
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