Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
En France, une constante comme à La Réunion
16 mars 2010

Dimanche dernier en France, une tendance s’est dessinée. L’ensemble des forces opposées au gouvernement récoltent 53,46% des voix, et distancent de 14 points l’UMP et les alliés de Didier Robert, crédités au total de 38,93%, selon les chiffres définitifs du Ministère de l’Intérieur.
Dimanche dernier, l’UMP n’a pas pu rassembler, même dans les Régions dirigées au cours des 6 dernières années. Ainsi, si en Alsace et en Corse, le parti de la majorité vire en tête, l’union des opposants au gouvernement est largement majoritaire. De quoi mettre en échec la stratégie déployée par l’UMP pour reconquérir ces collectivités, celle de l’affrontement avec les majorités régionales. Et tout comme à La Réunion, cette stratégie de l’affrontement fait plafonner l’UMP à 26%, alors qu’en France, deux ans plus tôt, l’UMP était largement en tête à la Présidentielle et aux Législatives.
En France, le principal chef de file de l’opposition au gouvernement est le PS. Et pour ces Régionales, les listes conduites par un membre de ce parti sont en tête dans treize régions, avec plus de 25% pour chacune d’elles : Nord-Pas-de-Calais (29,16%), Picardie (26,64%), Haute-Normandie (34,87%), Basse-Normandie (32,55%), Bretagne (37,19%), Pays-de-la-Loire (34,36%), Poitou-Charentes (38,98%), Limousin (38,05%), Aquitaine (37,63%), Midi-Pyrénées (40,93%), Languedoc-Roussillon (34,28%), Bourgogne (36,31%) et la Lorraine (34,36%).
Autre résultat défavorable à l’UMP : la confirmation de l’ancrage d’Europe Ecologie en France à la suite de la performance des Européennes. Cela en fait désormais un parti essentiel dans le rapport de forces pour construire les coalitions destinées à gérer les Régions en France. D’autant que le parti a remporté 12,47% des voix lors de ce premier tour.
Le soir même des résultats, les cadres des deux parties ont échangé pour trouver des solutions pour conforter la victoire au second tour. Comme l’a indiqué Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, l’objectif est de rassembler le plus largement possible pour accentuer l’avance sur l’UMP, avec les formations clairement contre la casse sociale.
Du côté de l’UMP, la stratégie d’union dans une logique d’affrontement contre les majorités sortantes atteint toutes ses limites. Comme à La Réunion, les réserves de voix sont très largement entamées, d’où des marges de manœuvres considérablement réduites, ce qui n’est pas le cas de l’opposition.
Résultat, l’UMP et ses alliés comptent énormément sur les abstentionnistes. Le Premier ministre François Fillon a estimé dimanche soir que « la faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national de ce scrutin » et que « rien n’est donc joué ». Le défi pour la majorité sera difficile car l’écart entre les candidats de l’opposition et de la majorité parlementaire dans les différentes régions est bien trop conséquent.
D’autant plus que l’UMP devra tenir compte d’un Front National qui puisera sur la frange la plus conservatrice de son électorat.
À la lumière des résultats de ce premier tour, la seule incertitude qui subsiste est de savoir si l’UMP sera en capacité de conserver les deux Régions qu’elle dirige, à savoir l’Alsace et la Corse. Pour le reste, la défaite est maintenant son seul horizon. Nul doute que ce n’est pas à La Réunion, la région la plus touchée par la crise sociale, que l’UMP pourra rechercher un motif de consolation à cette large défaite qui se prépare.
53,5% des Français n’ont pas voté dimanche 14 mars
Selon les analystes, l’abstentionnisme est du à la réticence de la population à l’égard de la politique gouvernementale, et du politique, particulièrement dans le contexte de crise économique, qui met à mal les promesses de 2007. Pour beaucoup, c’est un vote sanction qui montre l’ampleur de la crise de confiance.
La Réunion n’est pas la seule à connaître un taux d’abstention aussi élevé, 54,61%.
En effet, l’Ile de France compte 56,11% d’abstention, le Centre 53,57%, l’Aquitaine 50,44%, la Guadeloupe 50,18%, la Martinique 55,56%, mais également la Haute-Normandie, avec 53,62%. Ces quelques exemples montrent l’ampleur du phénomène dans toute la France.
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