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Élections sénatoriales
19 août 2011, par

Pour satisfaire les ambitions de Didier Robert, l’UMP a décidé de sacrifier ses sortants. Jean-Paul Virapoullé et Anne-Marie Payet jettent l’éponge, voilà qui commence déjà à faire jaser à l’UMP.
En 2008, au lendemain des élections cantonales, le groupe UMP se réunit pour discuter de la nouvelle direction du Conseil général. Au grand étonnement des observateurs, il est décidé de ne pas reconduire la présidente sortante, Nassimah Dindar. Didier Robert choisit une autre stratégie, placer le centriste Jean-Louis Lagourgue à la tête du Département. Cette stratégie allait échouer, puisque la présidente sortante était reconduite quelques jours plus tard à la tête d’une majorité élargie. Ceux qui avaient suivi Didier Robert allaient former le groupe Objectif Réunion, qui pratique l’opposition stérile et la chaise vide.
À l’heure d’aujourd’hui, Didier Robert n’a toujours pas dit pourquoi il a décidé d’imposer le sacrifice de la présidente sortante.
Trois ans après cet événement, une nouvelle élection se profile, ce sont les sénatoriales.
À La Réunion, quatre sièges sont mis en jeu. Parmi les candidats potentiels figurent les sortants. Le Parti communiste réunionnais a décidé de reconduire les siens à la tête d’une liste de rassemblement élargie aux Modérés. La composition du corps électoral permet en effet de tabler sur l’élection de Paul Vergès et de Gélita Hoarau.
Les sortants largués
Il reste alors deux autres sièges à pourvoir. Lors du précédent scrutin, Jean-Paul Virapoullé et Anne-Marie Payet avaient été élus. Durant 10 ans au Palais du Luxembourg, ces sénateurs ont voté les lois présentées par le gouvernement qu’ils ont toujours soutenus. Ils ont aussi été les auteurs de propositions de loi et d’amendement qui ont été suivis par l’UMP. Dans la logique des choses, puisque les deux élus avaient fait part de leur souhait de poursuivre ce qu’ils ont commencé, l’UMP aurait dû les soutenir. Mais c’est là qu’intervient Didier Robert.
Devenu parlementaire en mission parce qu’il ne peut plus siéger à l’Assemblée nationale du fait de la loi sur le cumul des mandats, Didier Robert a malgré tout décidé de figurer en troisième position sur une liste. Juste devant lui, Jacqueline Farreyrol, députée non élue qui lui a succédé, et Michel Fontaine.
Cette liste exclut totalement les deux sénateurs sortants, c’est elle que Didier Robert est allé défendre à Paris. Et c’est cette liste qui est investie par l’UMP. Le parti de Nicolas Sarkozy préfère donc sacrifier ses sortants pour satisfaire Didier Robert.
Car largués par l’UMP, Jean-Paul Virapoullé et Anne-Marie Payet ont préféré jeter l’éponge. Ils ne pourront pas briguer le renouvellement de leur mandat.
Aucune explication
Cette décision ouvre un débat au sein de l’UMP sur la question de la volonté hégémonique du président de Région, qui est aussi président de la CASud, Premier adjoint au maire du Tampon, président rémunéré de la SPLA Maraïna, président de la SÉMATRA, et parlementaire en mission chargé de rédiger un rapport sur le tourisme.
Chacun comprend en effet le sens de la composition de la liste où figure Didier Robert. Jacqueline Farreyrol étant déjà députée, elle s’effacera si jamais l’UMP a la possibilité d’obtenir deux sièges, pour donner la place de sénateur à Didier Robert.
Margie Sudre a été la première à soulever les interrogations que beaucoup partagent à l’UMP. Membre de la majorité présidentielle, elle estime qu’au niveau de son parti, Jean-Paul Virapoullé a été un parlementaire qui a travaillé, tout comme Anne-Marie Payet. Elle précise que ce n’est pas le cas de Jacqueline Farreyrol, qui depuis sa nomination à l’Assemblée nationale n’a guère brillé.
Il est à noter que comme lors du renouvellement de la direction du Conseil général en 2008, Didier Robert ne donne aucune explication quant à sa volonté de sortir les sortants. Et comme en 2008, il ne donne pas la possibilité aux électeurs de régler cette question. Le choix d’imposer Jean-Louis Lagourgue à la place de Nassimah Dindar s’était fait après les élections, quant au sacrifice de Jean-Paul Virapoullé et Anne-Marie Payet, il a lieu lors d’une élection au suffrage indirect.
M.M.
Les matins à 7h30
Alon kozé
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Et si vous n’avez pas pu suivre l’émission, vous pouvez la réécouter en allant sur le site de “Témoignages”, ou la podcaster à cette adresse :
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