Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Alain Olive (UNSA)
11 juin 2005

(page 4)
"Depuis juillet 2002, un présupposé fondait toute l’action gouvernementale : la seule baisse des impôts et des taxes était censée relancer la croissance et donc l’emploi.
C’est ce dogme que vient d’écorner Dominique de Villepin dans sa déclaration de politique générale, en décidant de faire une pause dans la baisse de l’impôt sur le revenu et de dégager 4,5 milliards d’euros supplémentaires pour financer les nouvelles mesures pour l’emploi.
Parmi ces mesures, si certaines d’entre elles reçoivent notre approbation - luttes contre toutes les discriminations, retour du traitement social du chômage avec un nombre de contrats d’accompagnement vers l’emploi qui passera de 20.000 à 100.000, chèque emploi service universel, mesures en faveur du logement ... d’autres mesures demeurent insuffisantes ou sont parfois dangereuses.
Principales lacunes dans le discours du Premier ministre : le service public de l’emploi.
L’UNSA demande que les composantes du service public de l’emploi (ANPE, UNEDIC, Services extérieurs du Travail et de l’emploi) agissent sous l’égide d’une autorité unique et que l’on donne à ces services les moyens financiers et humains d’accomplir leurs missions.
Pour l’UNSA, tout salarié licencié doit pouvoir bénéficier d’une convention de reconversion personnalisée.
Nous réclamons une politique de reclassement au niveau des bassins d’emploi et des territoires. Sur l’emploi des jeunes, les mesures annoncées ne sont pas à la hauteur des attentes et du chômage qui les frappe.
Autre lacune : la formation tout au long de la vie. Si l’on veut une adéquation entre l’offre et la demande d’emplois, il faut faire de la formation tout au long de la vie une priorité nationale.
L’UNSA demande aussi que l’État investisse massivement dans l’Éducation y compris dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et l’Innovation.
L’UNSA tient à souligner que notre pays souffre d’un problème de demande et que la question salariale reste toujours posée dans le secteur privé comme dans le secteur public. Sur ce sujet, le Premier ministre n’apporte pas de réponse satisfaisante.
Dans sa volonté d’aider l’emploi dans les très petites entreprises, le Premier ministre accroît la flexibilité au détriment de la sécurité des salariés. L’UNSA est opposée au “contrat nouvelle embauche” dont la période d’essai étendue à deux ans s’apparente à un droit de licencier librement. Il s’agit là d’un précédent dangereux.
En remettant en cause le seuil des 50 salariés pour la création des instances représentatives du personnel, le Premier ministre contredit son affirmation selon laquelle il est attaché "au niveau actuel de représentation des salariés comme à la défense du droit syndical".
L’UNSA, qui doit rencontrer le Premier ministre vendredi 10 juin, aura l’occasion de lui faire part de vive voix de sa position sur l’ensemble des mesures contenues dans son discours de politique générale. L’UNSA, consciente du fait que notre pays traverse une crise politique et sociale de grande ampleur, entend inscrire son action dans un esprit de responsabilité qui a toujours été la marque de son syndicalisme."
Nos peines
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