Les événements tragiques à Madagascar : un avertissement pour La Réunion

L’urgence de la responsabilité des Réunionnais

29 septembre 2025, par Manuel Marchal

Les violences à Madagascar rappellent un engrenage connu : les pénuries. À La Réunion de très graves pénuries , emploi et logement manquent, conséquences d’un système néocolonial qui achète la paix sociale pour préserver les intérêts de Paris et de ses entreprises. Mais ce système est à bout de souffle. Pour éviter la même tragédie, l’urgence est un plan réunionnais : créer des emplois, garantir le respect du droit au logement, briser le système néocolonial et construire une société de paix par la justice sociale et la solidarité.

Les violences qui secouent aujourd’hui Madagascar trouvent leur origine dans un engrenage connu : les pénuries. Les Réunionnais subissent pénuries d’emplois, de logements, aggravées par des prix toujours plus inabordables pour la majorité. Ces pénuries ne sont pas des fatalités : elles sont le produit d’un système néocolonial qui bride le développement de La Réunion.

Un système verrouillé

Dans notre pays, Paris a mis en place une stratégie : acheter la paix sociale pour préserver ses intérêts stratégiques. Une des dernières bases militaires françaises en Afrique se trouve à La Réunion. Pour la protéger et garantir un marché solvable aux entreprises françaises, Paris préfère subventionner la consommation plutôt que permettre un développement réel.
Mais aujourd’hui, ce système craque. La course aux armements, les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes sociétés creusent les finances publiques. Moins d’argent pour « acheter » la tranquillité. Ceux qui subissent les pénuries sont tentés de descendre dans la rue. Et quand la colère éclatera, la seule réponse restera la répression, réclamée par une classe privilégiée crée par le système néocolonial.

Les mêmes causes produiront les mêmes effets

À La Réunion, nous connaissons déjà deux pénuries graves : emploi et logement. Des milliers de jeunes diplômés sont poussés à l’exil faute de travail, pendant que le prix des loyers explose. Les raisons de la révolte sont là. Si rien ne change, pourquoi ne connaîtrions-nous pas demain les mêmes tragédies qu’à Madagascar ?
Les signes sont clairs : une population qui veut travailler condamnée au chômage, maintenue dans une dépendance à des produits importés d’Europe, une économie contrôlée par des sociétés françaises et leurs filiales, et une minorité qui s’accroche à ses privilèges.

L’urgence : un plan de développement réunionnais

Pour éviter l’explosion sociale, l’urgence est la responsabilité des Réunionnais. Cela passe par la confiance en nos propres forces et la construction d’un véritable plan de développement. Nous ne manquons pas de compétences : notre Université compte près de 20 000 étudiants, sans compter la richesse de notre diaspora. Des ingénieurs, chercheurs, enseignants, entrepreneurs, artistes et militants : autant de forces capables de bâtir une autre société.
Un plan de développement réunionnais doit s’attaquer aux racines du problème : créer des emplois stables, donner à chacun un logement digne, maîtriser les prix en brisant les monopoles et les rentes de situation, investir massivement dans les énergies renouvelables et l’autonomie alimentaire. Sortons du sous-développement organisé qui condamne à tendre la main.

Construire une société de paix

En ayant conscience que le travail permet d’envisager un avenir meilleur, de sortir du sous-développement et de ses pénuries, alors toutes les volontés seront rassemblées pour construire une société de paix. La paix ne se décrète pas : elle se construit par la justice sociale et la dignité retrouvée.
Les événements tragiques de Madagascar doivent être pour nous un avertissement. Si nous ne brisons pas le système néocolonial, nous serons condamnés à vivre la même crise. Il importe de faire confiance aux Réunionnais.

M.M.

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