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Conférence publique hier à Saint-Pierre
28 août 2013, par

Pour le professeur André Oraison, le scénario le plus catastrophique est le statu quo statutaire.
Hier à Saint-Pierre, le public était plus nombreux que d’habitude pour une conférence tenue par un universitaire. Devant des personnes issues d’associations, du Parti communiste réunionnais et d’horizons différents, le professeur André Oraison a donné les raisons de la « création d’une collectivité territoriale unique se substituant à la Région et au Département » à La Réunion, lors de sa conférence intitulée, "Propositions pour une collectivité territoriale unique et efficiente à La Réunion".
Le professeur est revenu en détail sur les possibilités d’appliquer l’article 73 de la Constitution française à La Réunion, « sans risque, ni aventure de déboucher sur l’indépendance » en raison « des gardes fous » mis en place par les autorités et notamment le vote populaire. Cet article stipule que « les Départements et les Régions d’Outre-mer (...) peuvent faire l’objet d’adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».
De plus, « la dérogation (...) et pour tenir compte de leurs spécificités, les collectivités régies par le présent article peuvent être habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement, à fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement ».
Prenant exemple sur les autres Départements d’Outre-mer tels que la Guyane, la Martinique et Mayotte, André Oraison a mis en avant plusieurs scénarios, des plus « catastrophiques » aux plus « acceptables ». Le plus catastrophique, d’après l’universitaire, serait le « statu quo » statutaire, qui laisserait la situation en l’état et ne permettra pas un développement durable de La Réunion.
Durant une heure, André Oraison a expliqué en quoi cette « réorganisation administrative est logique et de bon sens ». Pour ce dernier, la collectivité territoriale unique permettra de légiférer et donner de la crédibilité à La Réunion, une économie des dépenses publiques et une efficacité sur les plans économique, social, et culturel.
Au cours du débat, de nombreuses voix ont exprimé leurs accords avec l’analyse fournie (et détaillée prochainement) par André Oraison, notamment Elie Hoarau, conseiller régional, qui a expliqué : « On peut se mettre d’accord sur l’essentiel et alors le problème statutaire pourra être réglé dans la sérénité. Il faut le faire parce que les choses qui arrivent ne nous laissent plus de temps. C’est à nous, Réunionnais, de trouver les solutions à nos problèmes ».
Céline Tabou
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