La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
5 juin, par

Le dernier Rapport sur les riches en France publié par l’Observatoire des inégalités montre une réalité : dans les anciennes colonies intégrées à la République française, une minorité détient des patrimoines considérables alors qu’une grande partie de la population est maintenue dans la pauvreté, le sous-développement et la dépendance à l’argent de la France.
À partir des déclarations d’impôt sur la fortune immobilière de 2024, l’étude de l’Observatoire des inégalités identifie les communes où se concentrent les plus importantes fortunes foncières. En tête du classement national figure Le Gosier, en Guadeloupe. Les 65 foyers concernés y disposent d’un patrimoine immobilier moyen de 3,7 millions d’euros, devant des territoires caractéristiques de la richesse française comme le VIIe arrondissement de Paris ou Cannes.
La Martinique et La Réunion apparaissent également dans ce classement. À Fort-de-France, les patrimoines immobiliers des foyers soumis à l’impôt sur la fortune immobilière atteignent en moyenne 2,9 millions d’euros. À Saint-Denis, capitale de La Réunion, cette moyenne s’élève à 2,6 millions d’euros. Ces chiffres illustrent l’existence, dans ces anciennes colonies devenues départements français, d’une classe particulièrement fortunée.
L’Observatoire des inégalités souligne qu’alors que le niveau de vie moyen demeure inférieur à celui observé dans la France, les classes les plus favorisées disposent souvent de ressources comparables, voire supérieures, à celles des plus riches de France.
Le rapport rappelle également que la richesse ne se limite pas aux revenus. Elle s’appuie largement sur l’accumulation du patrimoine. Selon les données de l’Insee, 88 % des riches sont propriétaires de leur logement, contre seulement 59 % pour le reste de la population. Le patrimoine constitue ainsi un puissant facteur de reproduction des inégalités.
L’Observatoire fixe le seuil de richesse à deux fois le revenu médian. Une personne seule est ainsi considérée comme riche à partir de 4 300 euros mensuels, un couple sans enfant à partir de 6 400 euros, et une famille avec deux adolescents dès 10 800 euros par mois. Au total, environ 7,5 % de la population en France se situe au-dessus de ce seuil.
Au-delà des chiffres, l’étude met en évidence un phénomène structurel : la concentration des richesses entre les mains d’une minorité. Dans les anciennes colonies intégrées à la République française, cette situation s’inscrit dans une histoire marquée par l’esclavage, la colonisation, l’appropriation des terres données par la France aux esclavagistes et la constitution de puissants groupes économiques. Les fortunes se construisent notamment autour de la propriété foncière, de l’immobilier ou encore du contrôle de secteurs commerciaux stratégiques.
Cette concentration des richesses contribue à creuser les écarts et pose la question du partage des ressources, du développement économique et de la justice sociale. Dans des sociétés où le chômage, la précarité et la vie chère frappent une part importante de la population, l’existence de patrimoines de plusieurs millions d’euros souligne l’ampleur des inégalités héritées de l’histoire et toujours à l’œuvre aujourd’hui.
Au-delà des chiffres, l’étude met en évidence un phénomène structurel : la concentration des richesses entre les mains d’une minorité. Dans les anciennes colonies intégrées à la République française, cette situation s’inscrit dans une histoire marquée par l’esclavage, la colonisation, l’appropriation des terres et la constitution de puissants groupes économiques.
À cette réalité historique s’est ajoutée, après la départementalisation, idéologie réactionnaire destinée à maintenir les inégalités de la société coloniale, l’extension du supplément colonial devenu la sur-rémunération. Ce mécanisme a contribué à la création d’une catégorie sociale privilégiée bénéficiant de revenus nettement supérieurs à ceux de la majorité de la population. Cette politique a renforcé un modèle économique fondé sur la consommation de produits importés basé sur la destruction des productions locales.
La surrémunération constitue l’un des piliers d’un système néocolonial qui a accéléré le déclin de secteurs productifs locaux, limitant les possibilités d’emplois dans l’agriculture, l’industrie et la transformation. Cette évolution a favorisé l’installation d’un chômage de masse touchant les classes non bénéficiaires de la sur-rémunération.
Dans le même temps, l’économie s’est progressivement organisée autour de l’importation de marchandises en provenance de France. Les prix élevés pratiqués à La Réunion sont rendus possibles par le pouvoir d’achat de la classe privilégiée, tandis que le coût de la vie pèse lourdement sur le reste de la population. Ce système profite largement à de grands groupes économiques étrangers, qui dominent les circuits d’importation, de distribution et de commercialisation.
Les données publiées par l’Observatoire des inégalités illustrent ainsi les conséquences d’un modèle où coexistent une concentration exceptionnelle de richesses et une forte précarité sociale. Dans des sociétés où le chômage, la pauvreté et la vie chère demeurent des préoccupations majeures, l’existence de patrimoines immobiliers de plusieurs millions d’euros souligne l’ampleur des inégalités héritées de l’histoire et entretenues par le néocolonialisme favorisé par la départementalisation réactionnaire.
M.M.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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